Auteur(s) : HERVÉ-MONTEL Caroline
Parution : 2012
ISBN 10 : 2705338454
ISBN 13 : 9782705338459
Pages : 604
Format (mm) : 160x240
Poids : 950g
Prix Diane Potier-Boès 2013
Sous l’impulsion de la Nahda et de l’expansion scolaire du français, une littérature romanesque francophone apparaît au début du XXe siècle au Liban et en Égypte lorsque s’affirment les consciences nationales : les identités collectives prennent forme dans des récits qui construisent les imaginaires nationaux en fixant de grands mythes et en débattant des valeurs sociales nouvelles.
Ces premiers romans héritent d’une part de la littérature arabe classique constituée en patrimoine culturel national, d’autre part de la littérature française qui fournit de grands modèles esthétiques - roman historique, réaliste et naturaliste - mais aussi des représentations du pays - littérature de voyage, littérature coloniale. Au « Levant », le français est une alterlangue – autre langue possible –, mais les romans sont plus nettement marqués par le contact des langues et des cultures en Égypte, par les normes du français scolaire au Liban. Éditées à Paris, les œuvres sont engagées dans des circuits de reconnaissance différents : les romanciers du Liban sont accueillis par les cercles nationalistes barrésiens, les romanciers d’Égypte par les internationalistes pacifistes et la revue Europe. Sur le plan local, la littérature francophone est intégrée à la téléologie nationale libanaise, car le bilinguisme est impliqué par la vocation de carrefour imaginée pour le Liban par ses premières élites nationales. En revanche, malgré une dynamique bilingue remarquable dans l’entre-deux-guerres, l’espace littéraire égyptien se fracture au milieu des années 1930 lorsque les écrivains francophones s’affranchissent des thèmes purement nationaux.
Agrégée de Lettres modernes et docteur en littérature française de l’université de Paris III-Sorbonne nouvelle, Caroline Hervé-Montel a vécu à Istanbul, Alexandrie et Beyrouth où elle enseigne actuellement dans un établissement de la Mission laïque française. Ses recherches portent sur les enjeux de la migration et la dynamique des espaces littéraires en relation avec les contacts de langues et de cultures, en particulier dans l’aire culturelle du Machrek.
Collection : KBN
Auteur(s) : HAMIDOVIĆ David (dir.)
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338608
ISBN 13 : 9782705338602
Tome : 4
Pages : 146
Format (mm) : 210x270
Poids : 400g
En se plaçant dans la filiation de la revue Kêmi (née en 1928), mais en élargissant son propos à l'ensemble de l'Orient Ancient, la revue de Kêmi à Birīt Nāri propose des contributions qui étudient les grandes civilisations de l'Orient Ancient, replacées dans un contexte spatial et temporel plus large, afin de mettre en évidence les événements précurseurs, les interactions et les différents développement qui ont pu en naître.
Sommaire du volume :
Collection : Textes arabes chrétiens
Auteur(s) : BA'LABAKKI (Al-) Qustā Ibn Lūqā, TROUPEAU Gérard, DAGHER Joseph
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338578
ISBN 13 : 9782705338572
Traduction : G. TROUPEAU avec coll. J. DAGHER
Pages : 67
Format (mm) : 130x200
Poids : 100g
"Puisque tu m'as interrogé - Que Dieu t'accorde la puissance ! - sur la différence qu'il y a entre l'esprit et l'âme, et sur ce que les Anciens ont dit, j'ai rédigé pour toi, sur ce sujet, un résumé que j'ai tiré du livre de Platon nommé le Phédon et de son livre nommé le Timée ; des deux livres d'Aristote et de Théophraste sur l'âme ; du livre de Galien sur la concordance des opinions d'Hippocrate et de Platon ; de son livre sur la pratique de la dissection et de son livre sur l'utilité des membres."
Gérard Troupeau vient de nous quitter, sur un dernier livre dont le titre retracerait à lui seul l'itinéraire même de toute une vie. cette Epître sur la différence entre l'âme et l'esprit nous dit en effet les mots-clés de cette vie, entre recherche et méditation, en d'autres termes et pour revenir au titre de l'ouvrage, entre l'esprit d'un savant et l'âme d'un homme.
L'itinéraire du chercheur a suivi cinq chemins privilégiés. Il était maître dans l'histoire, la lecture et l'analyse de la grammaire arabe, avec une prédilection particulière pour son fondateur, l'illustre Sibawayh. Déchiffreur, il le fut aussi de manuscrits, arabes bien entendu, et français, au moins pour l'un d'entre eux, le Journal d'Antoine Galland, le découvreur des Mille et une Nuits : les travaux qu'il dirigea furent les prémices de l'édition, en cours, de ces pages essentielles pour la connaissance de l'histoire de l'orientalisme et de l'un de ses plus célèbres représentants. Autre passion : la médecine, jusqu'à ses derniers jours, aux côtés de Joseph Dagher. On n'aura garde, enfin, d'oublier deux sujets qui lui tenaient, non moins autant, à cœur : la littérature arabe chrétienne et la Touraine natale, autour du village de Neuillé-le-Lierre (André Miquel).
Collection : Orients sémitiques
Auteur(s) : TARSŪSĪ (Al-) Mardī b. Alī b. Mardī
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338551
ISBN 13 : 9782705338558
Traduction : Bord L.-J., Ibn Hussein A. H. S., Mugg J.-P.
Pages : 154
Format (mm) : 160x240
Poids : 260g
Écrit dans le dernier quart du XIIè siècle, probablement avant 1187, le traité d'archerie d'al-Tarsusi apparaît dans un vaste ensemble concernant les connaissances militaires de l'époque et destiné à Saladin. Cependant, les pages consacrées à la description du tir à l'arc auraient en fait constitué un texte à part qui a dû être intégré au manuscrit lors de son élaboration.
Loin d'être uniquement une compilation technique, il met constamment en avant la dimension 'spirituelle' de la discipline pratiquée par les archers de l'Islam.
Collection : Études syriaques
Auteur(s) : Collectif, DESREUMAUX Alain (dir.)
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338543
ISBN 13 : 9782705338541
Pages : 256
Format (mm) : 160x240
Poids : 410g
Cette série est destinée à regrouper des études thématiques faisant le point sur différents aspects de l’histoire ou de la culture syriaques, celles des communautés chrétiennes dont la langue de culture est le syriaque (maronites, syriaques catholiques et orthodoxes, assyro-chaldéens, communautés du Proche-Orient et de l’Inde...).
Les mystiques syriaques Profondément liées aux pratiques ascétiques et recherches spirituelles monastiques, les œuvres mystiques syriaques ne se confondent cependant pas avec elles. Elles construisent des visions théologiques qui participent nécessairement aux débats dans les institutions ecclésiales que ce soit chez les syriaques occidentaux ou les syriaques orientaux. Redevables de l'héritage philosophique grec, des auteurs syro-occidentaux ont élaboré des pensées mystiques et l'œuvre du Pseudo-Denys a été déterminante dans la mystique sacramentaire de la théologie miaphysite. C'est côté oriental que la tradition mystique a été la plus riche et a fleuri, en Mésopotamie mais aussi sur les bords du golfe Arabo-Persique dans le Bet Qatraye, où l’on se souvient d’écrivains fameux comme Isaac de Ninive, Dadisho du Qatar, Martyrios Sahdona, Jean de Dalyatha ; mais qui connaît Shubhalmaran, Hananisho de Bet Qoqa ou Beh Isho de Kamul ?
En privilégiant des analyses thématiques et l’étude de motifs mystiques essentiels, l’ouvrage vise à attirer l’attention sur des œuvres et des auteurs qui, dans la formation et l’évolution des cultures syriaques, ont joué un rôle tout au long de l’histoire du Proche-Orient chrétien et musulman et qui se révèlent précieux pour l’historien.
Auteur(s) : GRILLOT-SUSINI Françoise
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338527
ISBN 13 : 9782705338527
Pages : 120
Format (mm) : 160x240
Poids : 240g
Illustrations : nombreuses photographies couleurs
Auteur(s) : HADRAMI (al) Al-Imãm
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338519
ISBN 13 : 9782705338510
Traduction : Salem IDEIDBI
Pages : 270
Format (mm) : 160x240
Poids : 430g
Le « Traité de Politique ou Conseils pour la conduite du Pouvoir » écrit il y a plus de 900 ans par al-Imam al-Hadrami, est traduit pour la première fois, ici, dans une langue étrangère. Descendant d’Almoravides, Mohamed Salem Ideidbi y démontre, et sur la base d’une recherche fouillée et originale, l’incontestable apogée de la pensée almoravide à une époque considérée comme l’âge d’or de l’histoire arabo-musulmane. Al-Hadrami est resté à la fois ignoré et méconnu chez lui et dans le monde. Or, ce Cadi d’Azougui, cité du Nord de la Mauritanie, ce grand et sage érudit Almoravide, est l’un des pionniers de la Sociologie politique.
Écrit quelques siècles avant les ‘Prolégomènes’ d’Ibn Khaldoun et le ‘Prince’ de Machiavel, ce livre d’une étonnante actualité s’adresse non seulement aux dirigeants et aux hommes d’État, mais également aux politistes, aux historiens et aux chercheurs. Il aborde avec force détails l’art de commander, la façon de se vêtir, de manger, de se comporter avec les sujets, la stratégie militaire et des renseignements, en temps de paix ou de guerre, l’art de la communication, la diplomatie, le protocole, etc. Toutes les qualités essentielles d’un véritable chef, avec deux idées maîtresses : exigence toujours, modération en tout.
Mohamed Salem Ideidbi est Docteur en Droit International de l’Université de Paris 1 - Panthéon-Sorbonne. Il a enseigné les Finances Publiques à l’Université de Nouakchott en Mauritanie. Il se consacre à la recherche, en particulier dans les domaines de l’histoire politique et économique de la Mauritanie. Auteur d’un ouvrage sur les Finances Publiques, il a publié plusieurs recherches et études politiques juridiques, économiques et sociales.
Auteur(s) : CLER Jérôme
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338500
ISBN 13 : 9782705338503
Tome : livre + cd
Pages : 354
Format (mm) : 160x240
Les Yayla sont les estives où les yörük, nomades et semi-nomades turkmènes, mènent leurs troupeaux au mois de mai, dans de longues transhumances ; et c’est plus souvent, désormais, le lieu où ces nomades ont fini par se sédentariser. Ainsi, au sud-ouest de la Turquie, non loin de la Méditerranée, dans quelques yayla du Taurus occidental, des musiciens répètent à l’envi de petites musiques formulaires pour inciter des parents ou amis à danser. Ceux-ci enchaînent les figures bras levés, en tournoyant, sur un cycle de quatre pas, dont un suspendu. La musique du lieu révèle son charme discret, mais irrésistible : une métrique boiteuse omniprésente, des mélodies dont l’ambitus ne dépasse guère une sixte, et qu’il est difficile au premier abord de distinguer entre elles, tant les lois combinatoires de leur formation sont subtiles. Ainsi ces anciens nomades suspendent-ils le temps, en l’enfermant dans le cercle de la répétition, de la ritournelle.
L’ethnomusicologue, venu là d’abord pour apprendre les secrets du bağlama, petit luth emblématique de cette société, y rencontre l’amitié indéfectible des maîtres de musique, derniers témoins de la vie pastorale d’antan. Ensemble ils interrogent le devenir et les mutations de cette société, depuis le passé préservé dans les mémoires, jusqu’au présent ethnograhique ; en s’immergeant dans le temps vécu, en épousant ses rythmes, l’ethnomusicologue apprend à capter les vibrations et les intensités qui traversent ce territoire, à saisir les enjeux esthétiques et politiques qui s’y expérimentent. La monographie qui en résulte part de ce petit pays de danseurs, de ses conceptions musicales, de ses habitus, en explorant les concepts de rythme, de territoire, de minorité. Interrogeant la nature profonde de ce monde rural qui reste fort peu étudié par l’anthropologie, l’auteur propose une « géomusicologie » : car la musique est ici non seulement objet d’étude, mais aussi trait d’union entre un paysage et les hommes qui l’habitent.
Après des études littéraires - agrégation de Lettres Classiques - et des premières recherches dans le domaine du Moyen-âge byzantin, la rencontre d’un grand maître du saz turc, Talip Özkan, et l’apprentissage de cet instrument ont peu à peu conduit Jérôme Cler à séjourner en Turquie pour accéder aux « sources vivantes ». Il en fait sa profession d’ethnomusicologue. Il est actuellement maître de conférences en ethnomusicologie à l’Université de Paris-Sorbonne (Paris 4).
Auteur(s) : FEVRET Jean-Marc
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338497
ISBN 13 : 9782705338497
Pages : 480
Format (mm) : 160x240
Travaillant sur l’évolution du développement libanais entre le lendemain de l’indépendance (1943) et la veille de la guerre qui a disloqué ce pays (1975-1990), nous avons été renforcé par cette étude dans l’idée de la fragilité d’un processus historique. Celle-ci nous a renvoyé à un « mythe libanais », né entre la Montagne et la Mer, entre les mondes grec, phénicien, égyptien. La métaphore du développement libanais pendant cette période serait peut-être celle de la fleur d’Adonis. L’épanouissement prometteur, récurrent et éphémère de l’anémone s’est nourri d’un dynamisme, d'une volonté et d’une réflexion poussés et convergents. Sa pourpre n’a pu échapper aux contraintes du temps, celles du court terme et du passé. Il s’agit d’une histoire du Liban, d’une période où le pays pouvait encore hésiter entre ce qu’un de ses pères fondateurs, Michel Chiha, a appelé sa vocation libérale et le choix d’un régime plus structuré et d’une économie plus diversifiée, incarné par la présidence de Fouad Chéhab (1958-1964).
Pour éclairer ce débat, toujours crucial dans l’évolution du pays, cette étude a associé l’économie, la géographie ou encore les histoires sociale et politique à l’histoire culturelle. Cela permet de confronter des concepts - comme le développement et l’émergence - et des acteurs - comme les hommes politiques et les intellectuels - à la toile des faits. C’est une façon de tisser l’histoire en dégageant des spécificités multiples, celles d’un pays souvent prisonnier des lieux communs (comme le « miracle libanais » ou « l’âge d’or du Liban »). C’est une façon de rendre hommage aux Libanais en proposant une lecture de leur complexité.
Docteur en Histoire, Jean-Marc Fevret enseigne en classes préparatoires HEC (à Aix-en-Provence depuis 1988) et à l’Institut Hannah Arendt (depuis 1998 dans des DESS puis des Masters de Géopolitique de l’Université de Marne-La-Vallée). Il a orienté ses recherches vers une démarche pluridisciplinaire centrée sur l’histoire, dans le laboratoire « Analyse Comparée des Pouvoirs » de l’Université de Paris-Est Marne-La-Vallée.
Auteur(s) : HUSEIN (Ibn) Abu Hāmid Sakhr
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338470
ISBN 13 : 9782705338473
Pages : 600
Format (mm) : 150x240
L’œuvre est ambitieuse, elle se veut globale. Elle déconstruit la dogmatique islamique par un nécessaire retour aux Textes dans leur propre logique pour réinitialiser leur dynamique porteuse. Elle s’articule en trois parties.
Les Fondements, un retour donc aux sources scripturaires avec le souci de prendre les textes coranique et sunnique sans passer par le crible des écoles juridiques. C’est une responsabilisation de tout pratiquant, par sa mise face aux réalités de la révélation et de la vie. Suit un long commentaire de la célèbre et fondamentale tradition connue sous le nom de Hadīth Gibrīl, où l’archange Gabriel vient à la fin de la vie du Prophète récapituler vingt trois ans de révélation. Avec un éclairage sans précédent, l’auteur met à notre portée les données intemporelles de la dernière révélation. Ensuite, vient l’examen de « l’innovation », cette intervention non autorisée sur la Loi. L’auteur démontre que toutes les dérives en découlent et que la révélation s’en trouve modifiée et, par suite, non opérante. Il propose une « réforme » apte à sortir de l’influence persane, qui, selon lui, a porté tord à la dernière révélation. À ce propos un parallèle est mis en lumière entre les Byzantins et les Persans : les premiers avaient effectué une altération du message de Jésus pour en faire le « Christianisme », et les seconds n’ayant réussi qu’à moitié avec l’Islam, y ont provoqué une fracture qui donna le « chiisme ». Ce qui a causé la lente déliquescence de l’Islam populaire, social, qui est devenu une religiosité mêlant superstitions et Coran. Il faut retenir que pour l’auteur, l’Islam est la religion prônée par tous les prophètes.
La seconde partie traite du statut de la prière en Islam et dans les autres révélations pour en montrer l’aspect fondamental. L’ascension du Prophète n’avait autre but que la réception de la Prière qui s’est effectuée entre Allah et Muhammed sans intermédiaire. Nous découvrons aussi que l’essence et le but final de la prédication muhammedienne est la fondation d’une communauté d’orants. Ainsi, l’Hégire prend toute sa dimension, non seulement dans la fuite de Muhammed vers Médine, mais aussi dans la vie de tout un chacun qui, se voyant empêché d’adorer Allah, se trouve obligé de migrer vers un lieu où il peut s’adonner à la prière canonique. Cela conduit à un examen minutieux des ennemis de « l’homme de foi », ils sont décrits comme des tentateurs adeptes du diable, le tout mis en évidence par un long passage en revue de la société contemporaine. S’engage ensuite une longue disputatio contre un texte contenu dans une œuvre reconnue du 12ème siècle ; Kitāb el-Mughnī d’Ibn Qudāma el-Maqdisī. La polémique porte sur le statut de ceux qui se disent musulmans mais ne s’acquittent pas de la prière canonique. L’auteur finit par étayer un avis inédit en les déclarant selon la Loi Ahl Kitāb « Gens du Livre » c’est-à-dire ayant le même statut légal que les Juifs et les Chrétiens. C’est là un des points nodaux apportés par cette étude patiente et courageuse.
La troisième partie s’intéresse à l’aspect technique de la prière canonique, en exposant en détail la manière dont le Prophète l’a enseignée. Et l’œuvre se termine par un long chapitre sur l’aspect gnostique et métaphysique de la prière Salāt.
Auteur(s) : BOULAÂBI Ridha
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338462
ISBN 13 : 9782705338466
Pages : 538
Format (mm) : 155x240
Poids : 780g
« Aujourd’hui il n’y a plus d’ailleurs (sinon une forêt fraîchement abattue, ou un livre déniché par hasard), Marco Polo ne quitterait pas Venise, il apprendrait des langues. », écrit Gérard Macé dans Leçon de chinois.
L’épuisement d’une longue tradition qui s’est construite autour d’un ailleurs essentiellement géographique donnant jour à toute la littérature viatique cède la place à un autre type de voyage dont la destination est une langue étrangère et lointaine. En effet, aujourd’hui, pour de nombreux écrivains français, héritiers de Segalen, de Claudel et de Michaux, les langues orientales représentent des îles nouvelles à explorer, d’une manière réelle ou imaginaire. Si certains écrivains français comme Gérard Macé ou Roland Barthes ont choisi les idéogrammes de l’Extrême-Orient, d’autres, comme Claude Ollier ou encore Louis Aragon ont suivi la caravane de la langue arabe et de ses différents dialectes.
Le résultat est impressionnant : il ne s’agit plus comme au XIXe siècle dans le meilleur des cas de donner la parole à l’étranger ou d’inventer des mots, mais d’ouvrir à un renouvellement des formes linguistiques, poétiques et narratives, à l’éclatement des genres, au brassage des modèles textuels. Si ce détour par l’Orient des langues dévoile chez certains un Orient secret puisant ses sources dans les souvenirs les plus intimes, il se traduit chez d’autres par une reconquête de la totalité grâce à la recréation d’une Babel heureuse, déculpabilisée et ouverte sur le monde. Cette fascination essentiellement poétique et textuelle, désintéressée pour ainsi dire, permet de nuancer les thèses qu’Edward Said développe dans Orientalism.
Ridha Boulaâbi est docteur en littérature française et comparée de l'Université Jules Verne de Picardie. Ses domaines de recherche portent sur les littératures française, francophone et arabe contemporaines.
Collection : Textes arabes chrétiens
Auteur(s) : ATHRADĪ (Ibn) Alī, DAGHER Joseph, TROUPEAU Gérard
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338446
ISBN 13 : 9782705338442
Traduction : J. DAGHER G. TROUPEAU
Pages : 82
Format (mm) : 130x200
Poids : 150g
Au cours de son récit du Banquet des médecins, Ibn Butlān (m.1066) est amené à poser à un jeune médecin qu’il suspecte d’être un charlatan, des questions sur les différentes branches de la médecine, afin d’éprouver ses connaissances. Totalement ignorant le pseudo-médecin est incapable de répondre aux questions d’Ibn Butlān mais de son côté, celui-ci ne fournit pas les réponses que le lecteur aimerait connaître. Un siècle plus tard, pour palier cette lacune, un médecin de Bagdad appartenant à une importante famille de savants nestoriens, ʽAlī ibn Athradī (m. ca 1160), composa un petit ouvrage intitulé Explication des questions d’Ibn Butlān dans le Banquet des médecins, où il propose ses propres réponses à une quarantaine de questions.
Étant donné son originalité et son intérêt pour l’histoire de la médecine arabe, J. Dagher et G. Troupeau ont choisi d’éditer et de traduire cet utile complément au fameux Banquet des médecins d’Ibn Butlān.
J. Dagher, docteur en linguistique arabe est maître de conférences à l'Institut National des Langues Orientales où il enseigne l'arabe oriental. Il est l'auteur de plusieurs articles sur la linguistique arabe et la littérature proverbiale libanaise. G. Troupeau (?), agrégé d'arabe, professeur des Universités a enseigné l'arabe littéral à l'Institut National des Langues Orientales et la philologie arabe à l'école Pratique des Hautes études. Il est l'auteur de nombreuses publications sur la littérature arabe chrétienne, la linguistique et la médecine arabes.
Auteur(s) : Collectif
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338438
ISBN 13 : 9782705338435
Pages : 286
Format (mm) : 160x240
Figure incontournable de l’orientalisme européen des XIXe-XXe siècles, Ignác Goldziher (1850-1921) est, avec Christiaan Snouck Hurgronje, l’un des principaux fondateurs de l’islamologie moderne.
Une formation hors norme le fait passer des études talmudiques et secondaires en Hongrie aux études orientales (à Budapest, Berlin, Leipzig, Leyde, Vienne) puis à un long voyage en Orient (1873-74). Il est l’un des premiers Européens à assister aux cours de l’Université coranique d’Al-Azhar. Ses recherches, consacrées à l’histoire des religions - en particulier de l’Islam -, étudient leur inscription dans une histoire culturelle plus large.
Venus d’horizons disciplinaires différents, les auteurs de ce volume étudient son œuvre en la replaçant dans divers contextes et en interrogeant la réception qu’elle connaît jusqu’à aujourd’hui. Goldziher est l’une des figures d’un orientalisme d’Europe centrale et orientale, récemment caractérisé comme « orientalisme de la frontière » (Andre Gingrich), et qui reste à découvrir ou à redécouvrir. Sa relation avec Carl Heinrich Becker ou sa « non-rencontre » avec Max Weber invitent à s’interroger sur les relations entre philologie, études orientales, histoire culturelle et sciences sociales naissantes. Son idéal d’universalité, son exigence de rigueur scientifique ainsi que son empathie avec le monde arabe et musulman lient sa conception et sa pratique des études orientales à une critique de l’européocentrisme.
Collection : Société d'histoire de l'Orient
Parution : 2011
ISBN 10 : 270533842X
ISBN 13 : 9782705338428
Traduction : Jacqueline CALMARD-COMPAS
Tome : 2
Pages : 334
Format (mm) : 160x240
Poids : 580g
Ce Voyage en Perse du Nord fait suite au Voyage au Daghestan et en Transcaucasie et constitue le second tome des Voyages en Orient de I.N. Bérézine. Il fait partie de la double mission d’études de trois ans (1842-1845) confiée à Bérézine et à son collègue W. F. Dittel par l’Université des Langues orientales de Kazan dont ils venaient d’être diplômés. Bérézine ne voyagea pas avec Dittel (mort en 1848).
Cette seconde relation foisonne de notations sur la vie culturelle, tant rurale qu'urbaine, et sur de nombreux personnages, des plus officiels aux plus modestes. Les observations concernent notamment les anciennes capitales sous les Safavides : Tabriz et son importante activité économique et culturelle ; Qazvin. Mais les cinq chapitres sur Téhéran constituent la partie la plus importante de ce voyage. Bérézine nous fournit le premier plan de la ville, la première information sur l'introduction en Perse de la photographie (daguerréotypie). Son analyse porte notamment sur le souverain régnant, Mohammad Shâh, son vizir Hâdji Mirzâ Âqâsi (pro-russe), sa cour, l'administration, l'armée, etc.
Bérézine attribue à l'Islam, et particulièrement au shiisme, un rôle négatif dans l'éducation et le développement du pays. Cependant, vivement intéressé par la culture populaire, il décrit longuement les deuils religieux shiites et les ta'ziyehs, commémorations théâtralisées du drame de Karbalâ, et les rituels y afférant.
Jean Calmard, directeur de recherche honoraire au C.N.R.S, chargé de conférences à l'École Pratique des Hautes Études, Section sciences historiques et philologiques (1975-2001).
Auteur(s) : FAÜ Jean-François
Parution : 2010
ISBN 10 : 2705338489
ISBN 13 : 9782705338480
Pages : 108
Format (mm) : 210x280
Poids : 200g
La problématique, celle de l'analyse de l'évolution des communautés juives du Hadramaout et du Golfe persique, rejoint la question de leur situation comme pôle ou comme marge, au sein du judaïsme oriental, puis celle, inévitable, de leur décadence. La question des définitions des schèmes communautaires demeure étroitement liée aux sources étudiées qui, d'une part, montrent la perméabilité des relations internes au judaïsme et, d'autre part, réaffirme l'équilibre garanti par les règles de la dhimma.
Historien et diplomate, Jean-François Faü est spécialiste de l'histoire des communautés marginales du judaïsme oriental. Il s'est également intéressé à l'histoire de la représentation des Juifs dans l'art chrétien occidental.
Auteur(s) : BEYHOM Amine
Parution : 2010
ISBN 10 : 2705338403
ISBN 13 : 9782705338404
Tome : 1
Pages : 700
Format (mm) : 155x240
Poids : 1220g
La musicologie de la musique arabe est aujourd’hui majeure et riche de ses multiples aspects : acoustique, organologie, histoire des instruments, des pratiques, des systèmes, des œuvres, analyse, systématique, ethnomusicologie des traditions, anthropologie religieuse, sociologie. Elle s’est cristallisée, avec l’œuvre du baron Rodolphe d’Erlanger, le Bourbaki de la musique arabe, autour des préoccupations et des savoirs de son temps, se focalisant sur le rapport de l’échelle générale des sons avec les genres mélodiques.
Aujourd’hui, le fondement d’une musique modale ne peut être saisi qu’à travers une intrication entre structure (échelles et éléments scalaires) et mémoire (reconnaissance des motifs, formules, tournures, intonations), que cette musique soit prise à l’échelle de la modalité de l’Islam, de l’ensemble arabo-arméno-chaldéo-turco-persan, du monde « arabo-musulman », de la musique syro-égyptienne ou du mâlouf de Constantine.
Formalisée à partir d’une théorie alternative de la modalité arabe, la dimension de la recherche d’Amine Beyhom, dont le lecteur tient le premier volume entre les mains, est non seulement systématique et historique mais spirituelle, souligne François Picard. La pratique de la recherche des textes, des manuscrits, des copies, des éditions, de la lecture, de la traduction, de la comparaison des variantes et interprétations a fait entrer l’ancien ingénieur polyglotte et cosmopolite dans la dimension de l’herméneutique. Toujours rigoureux, souvent enflammé, Amine Beyhom nous propose, entre théorie et pratique, une remise à plat, une actualisation des connaissances, une relecture des ouvrages fondamentaux – mais aussi ceux découverts depuis – ce qui va permettre de saisir, dans un premier temps, le système du maqām en tant que structure.
Ce tome, qui peut être également lu comme un exposé chronologique et systématique, inscrit plusieurs interrogations qui forment intrigue : Ne peut-on connaître la zalzalité dès avant Fārābī ? Y a-t-il nécessité que le `ūd ait eu des frettes ? Peut-on diviser l’octave en un nombre d’intervalles qui ne soit ni sept, ni douze, ni vingt-quatre ? Et dix-sept a-t-il fait, ferait-il l’affaire ? L’auteur nous invite, dans cet ouvrage, à un dialogue passionné en forme de munāẓara : une lecture inédite de l’histoire de l’échelle musicale autour de la Méditerranée.
Ingénieur de recherche, Amine Beyhom est producteur indépendant et enseignant en musicologie à Beyrouth. Musicien et compositeur, il entreprend depuis les années 1980 des recherches sur les musiques arabes et autres musiques du monde. Auteur, en 2003, d’une thèse sur la Systématique modale – théorie alternative sur l’agencement des intervalles musicaux et la formation de l'échelle – il a depuis publié plusieurs articles de fond sur les répercussions de l’application de cette théorie pour la compréhension des structures musicales. Il est chercheur associé au centre de recherches Patrimoines et Langages Musicaux à l’université Paris-Sorbonne.
Collection : Orient chrétien médiéval
Auteur(s) : Collectif, DÉDÉYAN Gérard (dir.), RIZK Karam (dir.)
Parution : 2010
ISBN 10 : 270533839X
ISBN 13 : 9782705338398
Pages : 260
Format (mm) : 155x240
Poids : 500g
L’ouvrage publié ici – Le comté de Tripoli, état multi-culturel et multiconfessionnel (1102-1289) – présente une double particularité : il est le premier à faire le point sur cet état (le seul, dans l’Orient latin, à être de langue d’oc et non de langue d’oil), marqué par la présence de seigneurs du Midi de la France, depuis le livre classique de Jean Richard, Le comté de Tripoli sous la dynastie toulousaine (1102-1187), dont l’auteur a bien voulu apporter sa précieuse contribution au présent ouvrage ; par ailleurs, quelques-uns des coauteurs enseignant au Liban (Université Saint-Esprit de Kaslik, Université libanaise) ou étant spécialistes de l’Orient médiéval, l’accent est fortement mis sur le rôle des autochtones (Maronites, Syriaques melkites et jacobites, entre autres).
Cette insistance correspond bien à la nature des relations intercommunautaires dans le comté de Tripoli, du moins jusqu’aux victoires de Saladin, sultan d’égypte et de Syrie à la fin du XIIe siècle : le comté est créé par Raymond IV de Saint-Gilles, comte de Toulouse et marquis de Provence, qui avait participé à la Reconquista ibérique et entretenait des esclaves musulmans sur ses terres provençales. Dans le comté, dont la confrontation avec Saladin reste discrète, les combattants pratiquent plutôt la razzia (complémentaire des échanges économiques entre Tripoli et les émirats arabes riverains de l’Oronte) que la guerre. à partir du milieu du XIIIe siècle, le comté de Tripoli, associé depuis le tournant du XIIe siècle à la principauté d’Antioche sous une même dynastie, normanno-poitevine, entre docilement dans le jeu politique d’un état presque indigène : le royaume d’Arménie cilicienne.
C’est en étant attentif à cet esprit d’ouverture intercommunautaire qu’ont travaillé les Professeurs Karam Rizk (Université Saint-Esprit de Kaslik) et Gérard Dédéyan (Université Paul Valéry - Montpellier III), coordonnateurs de l’ouvrage, spécialistes, l’un, de l’histoire du Liban, l’autre, de celle de l’Arménie.
Collection : Études syriaques
Auteur(s) : Collectif, JULIEN Florence (dir.)
Parution : 2010
ISBN 10 : 2705338381
ISBN 13 : 9782705338381
Pages : 340
Format (mm) : 160x240
Poids : 540g
Cette série est destinée à regrouper des études thématiques faisant le point sur différents aspects de l’histoire ou de la culture syriaques, celles des communautés chrétiennes dont la langue de culture est le syriaque (maronites, syriaques catholiques et orthodoxes, assyro-chaldéens, communautés du Proche-Orient et de l’Inde...).
Le monachisme syriaque L’histoire des communautés syriaques est intrinsèquement liée à celle du monachisme. Les plus grands écrivains, mais aussi les poètes, historiens, philosophes, grammairiens, médecins et scientifiques furent le plus souvent aussi des moines, des abbés, des évêques ou des patriarches syriaques. Leur contribution à l’histoire et à la culture du Proche et du Moyen-Orient sur plus d’un millénaire est considérable. L’institution monastique joua un rôle clef dans la transmission des savoirs, notamment de la culture grecque, vers la civilisation islamique puis vers l’Occident, contribuant éminemment à la construction des sociétés. C’est dire que la culture syriaque a été façonnée par le courant monastique, qui lui a donné sa marque, son caractère fondamentalement religieux. Les histoires monastiques, les biographies de moines célèbres, les canons et réglementations conventuelles qui nous ont été transmis révèlent l’insertion de courants chrétiens pluriels, et plus encore le façonnement d’une culture, au sein de milieux religieux très différents : païen, zoroastrien, musulman, ainsi que leur appropriation de l’héritage grec. En cherchant à transmettre l’histoire de leurs plus célèbres couvents, les auteurs syriaques ont finalement donné à voir l’organisation sociale de ce monachisme dans ses formes originales (stylitisme, réclusion…), et son impact sur les transformations des sociétés : son rôle primordial dans les débats théologiques et les grandes polémiques des VIe-VIIIe siècles, son incidence directe dans la création d’Églises séparées, mais aussi son influence majeure sur la structuration politique et sociale des communautés chrétiennes en monde islamique.
Ce volume s’adresse à tous ceux qui s’intéressent aux communautés de l’Orient chrétien de l’Antiquité tardive au Moyen-Âge, et plus généralement à l’histoire, l’anthropologie, la culture des aires proche et moyen-orientales où le monachisme s’est épanoui et constitue aujourd’hui encore un patrimoine vivant.
Collection : Cahiers d'études syriaques
Auteur(s) : BRIQUEL CHATONNET F. (dir.), DEBIÉ M. (dir.)
Parution : 2010
ISBN 10 : 2705338373
ISBN 13 : 9782705338374
Pages : 448
Format (mm) : 160x240
Poids : 780g
Illustrations : 34 photos couleurs
Ce volume, qui inaugure une nouvelle collection publiée par la Société d’études syriaques, est un florilège d’articles offerts par des amis, collègues et étudiants à Alain Desreumaux à l’occasion de son départ à la retraite, pour le remercier de sa contribution, de son enthousiasme et de son engagement dans la défense et l’illustration des cultures syriaque et christo-palestinienne.
Les différentes contributions qui composent le volume sont regroupées selon six axes :
Constellations apocryphes
Ce que disent les manuscrits
... les pierres et les objets
Littérature et pratiques
Chrétiens et manichéens
Hier et aujourd’hui
Auteur(s) : GALLEY Micheline
Parution : 2010
ISBN 10 : 2705338365
ISBN 13 : 9782705338367
Pages : 210
Format (mm) : 210x280
Poids : 930g
Illustrations : 118 figures en couleurs
Ce livre convie le lecteur à la rencontre d’une femme qui traverse le temps : la Sibylle. Exploration passionnante, jalonnée de surprises et d’émerveillement.
C’est d’abord sous la forme d’une voix, mystérieuse et grandiose, qu’apparaît la Sibylle proférant l’oracle. Très tôt, la voix se matérialise et se multiplie jusqu’aux confins du monde grec où sont célèbres la Persique, la Libyque, la Cumaine, d’autres encore. Partout, la Sibylle incarne la divination inspirée. À Rome et à Alexandrie, c’est sa parole écrite qui a valeur sacrée. Avec le christianisme, l’antique prêtresse d’Apollon se voit adoptée en tant que « vraie prophétesse ». Étonnante transformation ! Le rôle de la Sibylle gagne en importance au sein de l’Église médiévale, et l’art chrétien s’approprie la Sibylle païenne – faits qui, étrangement, semblent avoir été occultés par l’Histoire. Au temps de la Renaissance, la Sibylle (voire le « concert des sibylles » en son entier) opère une entrée spectaculaire et triomphante dans les églises : à Sienne par exemple, le somptueux pavement de la Cathédrale présente dix Sibylles comme messagères de la Révélation. Une vogue qui n’est pas limitée à l’Italie.
Cet ouvrage est illustré des plus belles représentations, en France et en d’autres pays, qui marquent cette période exceptionnellement féconde. Après le Concile de Trente, la figuration sibylline ne disparaît pas ; elle se transforme et s’adapte aux courants esthétiques. Toujours perçue comme la femme habitée par l’intuition des choses cachées, la Sibylle fascine et inspire peintres et sculpteurs, romanciers, poètes et musiciens. En pays catalan, le « Chant de la Sibylle » fait, encore aujourd’hui, partie de la tradition liturgique de Noël. Mais à côté de cette image dominante, tout auréolée de sacré, on trouve aussi, rarement, une Sibylle décrite comme magicienne, parfois dangereuse séductrice, parfois irascible rivale de la Vierge Marie ou fière rebelle qui fait songer à Lilith : comme si elle condensait, en une même personne dotée d’une puissance exceptionnelle, tous les traits, positifs et négatifs, de la féminité.
Micheline Galley est directeur de recherche émérite au C.N.R.S. Professeur au Maroc (1957-1960), elle entre en contact avec la tradition vivante des conteurs. Elle acquiert une formation en ethnologie et dialectologie arabe à Paris (1960-1962). Elle enseigne à la Faculté d’Alger (1962-1966) ; déjà, elle recueille, de la bouche d’une conteuse, un important corpus. Elle entre au CNRS fin 1966, comme collaboratrice de Germaine Tillion et passe un doctorat en ethnologie en 1968. Ses travaux portent sur les littératures de tradition orale, au Maghreb et plus largement dans l’aire méditerranéenne. Elle étudie à travers le conte, la poésie chantée, les récits de vie, la situation de la femme dans une société traditionnelle. Elle a publié des recueils de textes et de nombreuses études sur la Geste hilalienne.
Collection : Études syriaques
Auteur(s) : Collectif, BINGGELI André (dir.)
Parution : 2012
ISBN 13 : 9782705338718
Pages : 306
Format (mm) : 160x240
Poids : 540g
Illustrations : 16pl. couleurs
Cette série est destinée à regrouper des études thématiques faisant le point sur différents aspects de l’histoire ou de la culture syriaques, celles des communautés chrétiennes dont la langue de culture est le syriaque (maronites, syriaques catholiques et orthodoxes, assyro-chaldéens, communautés du Proche Orient et de l’Inde…).
Lorsqu’on pense aux saints syriaques, ce sont d’abord les noms célèbres de Syméon Stylite, Éphrem le Syrien, Jacques l’Intercis ou Fébronie de Nisibe et les récits exemplaires de leurs hauts-faits qui viennent à l’esprit. Mais derrière ces saints syriaques qui ont acquis une notoriété internationale, les noms se comptent par centaines, et le champ couvert est si vaste qu’il n’a rien à envier au domaine grec ou latin. Comme dans les autres sociétés chrétiennes du pourtour méditerranéen, le culte des saints est dès l’origine constitutif de la culture syriaque. Trop longtemps négligée et victime des préjugés concernant un genre considéré comme mineur et partial, la littérature hagiographique, loin de se limiter au domaine strictement religieux, se révèle au contraire une source de premier plan pour qui souhaite appréhender l’histoire sociale et culturelle des chrétientés d’Orient dans la durée, mais aussi leurs rapports aux pouvoirs en place qui se sont succédé en Orient depuis Rome jusqu’aux Ottomans. Qu’elle concerne les martyrs chrétiens de l’Empire perse ou ceux de l’islam, cette littérature apparaît en effet comme un des lieux privilégiés de la construction et de l’affirmation identitaire des communautés syriaques.
Cet ouvrage collectif donne à voir la variété et la richesse de cette production hagiographique encore connue des seuls spécialistes. Les approches transversales, à la fois typologiques, régionales, et thématiques ont été privilégiées. Mais ce panorama de la littérature hagiographique syriaque, s’il se concentre sur la période médiévale, propose aussi une ouverture sur des disciplines sœurs avec laquelle l’hagiographie interagit, en particulier la liturgie, l’historiographie et l’histoire de l’art.
L’hagiographie syriaque n’est pas un domaine clos sur lui-même et les histoires des saints du monde syriaque se sont transmis à d’autres communautés chrétiennes depuis le Proche-Orient (Égypte, Arménie, Géorgie), jusqu’à Byzance et l’Occident latin, tout comme inversement le propre syriaque s’est enrichi de multiples emprunts. Ce volume de synthèse s’adresse donc aussi bien aux syriacisants qu’à ceux qui s’intéressent plus largement à l’hagiographie, mais aussi aux transferts religieux et culturels autour du bassin méditerranéen.
Collection : Études syriaques
Auteur(s) : Collectif, DEBIÉ M. (dir.)
Parution : 2009
ISBN 10 : 2705338217
ISBN 13 : 9782705338213
Pages : 220
Format (mm) : 160x240
Poids : 350g
Cette série est destinée à regrouper des études thématiques faisant le point sur différents aspects de l’histoire ou de la culture syriaques, celles des communautés chrétiennes dont la langue de culture est le syriaque (maronites, syriaques catholiques et orthodoxes, assyro-chaldéens, communautés du Proche-Orient et de l’Inde...).
L’historiographie syriaque Des textes historiques très nombreux ont été produits de manière continue en syriaque du vie au xive siècle. L’écriture de l’histoire naît dans cette langue avec les convulsions christologiques qui entraînent le développement de l’Église syro-orientale dans l’empire sassanide et la séparation progressive de l’Église syro-orthodoxe dans l’empire romain. C’est pour raconter l’histoire de leurs communautés que les Églises de langue syriaque ont produit histoires ecclésiastiques et chroniques. C’est aussi pour expliquer les événements dramatiques que sont famines, épidémies, catastrophes naturelles, victoires des peuples ennemis non chrétiens (sassanides, arabo-musulmans, mongols), mais aussi la cohabitation difficile avec les frères ennemis des autres confessions chrétiennes (y compris les Francs à l’époque des Croisades), que s’élabore une théologie de l’histoire à l’œuvre dans ces textes. L’historiographie est sans doute le seul champ littéraire où co-existent deux traditions d’écriture différentes correspondant à des histoires différentes des communautés, dans l’empire romain d’un côté, dans le royaume sassanide de l’autre, qui subsistèrent après l’unification politique réalisée par les conquêtes arabo-musulmanes : l’une syro-occidentale puisant dans la Chronique d’Eusèbe et les histoires ecclésiastiques de ses successeurs ses modèles ainsi que sa matière, l’autre syro-orientale, fondée sur des biographies, à la manière de la tradition historiographique des écoles philosophiques grecques. Quand l’usage de l’arabe commença à se généraliser dans les cercles cultivés de ces Églises, furent produits des textes bilingues ou des histoires en arabe, qui, comme les textes syriaques eux-mêmes, empruntèrent du matériel historique à des sources musulmanes, aujourd’hui partiellement ou à peu près complètement disparues.
Ce volume s’adresse aussi bien aux byzantinistes qu’aux islamisants et plus largement à tous les spécialistes d’historiographie, la tradition syriaque représentant une branche vive de l’historiographie tardo-antique et médiévale. Il est destiné aussi à tous ceux qui s’intéressent à la manière dont les communautés de langue syriaque ont écrit leur histoire et constitué leur identité, entre hellénisme et islam, en réponse aux troubles des temps.
Collection : Études syriaques
Auteur(s) : Collectif, CASSINGENA-TRÉVEDY F. (dir.), JURASZ I. (dir.)
Parution : 2006
ISBN 10 : 2705337830
ISBN 13 : 9782705337834
Pages : 300
Format (mm) : 160x240
Poids : 470g
Illustrations : 8 pl. couleurs
Cette série est destinée à regrouper des études thématiques faisant le point sur différents aspects de l’histoire ou de la culture syriaques, celles des communautés chrétiennes dont la langue de culture est le syriaque (maronites, syriaques catholiques et orthodoxes, assyro-chaldéens, communautés du Proche-Orient et de l’Inde...).
C’est en servant de véhicule à des genres proprement liturgiques, telles que l’hymne (madroso) et l’homélie métrique (mimro), que le dialecte de l’Osrhoène s’est rapidement distingué pour connaître la fortune littéraire que l’on sait. La « syriacité », comme culture, est née pour ainsi dire à l’ombre de la liturgie et a toujours trouvé en elle, jusque dans les situations précaires qui sont aujourd’hui les siennes, un signe identitaire de premier ordre autant qu’un facteur de cohésion. Qu’il s’agisse du vaste ensemble monumental du massif Calcaire, de la foisonnante production d’anaphores syro-occidentales, de l’hymnographie d’Éphrem ou des bréviaires, nous retrouvons partout la marque d’une même vitalité créatrice. Reste qu’à raison de la conservation d’archaïsmes remarquables, mais aussi de la multiplication des structures rituelles qu’ont entraînée les grandes ruptures théologiques consécutives à Chalcédoine, l’attraction byzantine et les divers rattachements à Rome, ce monde singulièrement pluriel se présente à notre regard occidental, souvent sommaire et mal averti, sous un aspect quelque peu touffu et insaisissable.
Aussi un ouvrage tel que celui-ci trouvait-il toute son opportunité. Tenant compte, non seulement de la complexité propre au domaine syriaque, mais de la richesse inhérente au fait liturgique en lui-même, il propose une approche plurivoque des faits, en procédant depuis les grandes dimensions que tout système liturgique met en forme – à savoir l’espace et le temps – vers les ensembles rituels majeurs, les documents qui les consignent et tel ou tel élément typique.
Utile à quiconque désire tout simplement se faire des idées plus claires et plus distinctes en la matière, ce volume se recommandera certainement aussi, par sa méthode, auprès des liturgistes proprement dits, étant bien entendu que si parfois les pierres se taisent, il n’est de liturgie que des vivants.