Auteur(s) : BIZRI Fida
Parution : 2010
ISBN 10 : 2705338241
ISBN 13 : 9782705338244
Pages : 280
Format (mm) : 160x240
Le Pidgin étudié dans cet ouvrage est une nouvelle langue, à base arabe, inventée et parlée par les domestiques sri lankaises travaillant dans des familles de la bourgeoisie du Proche-Orient, en co-production avec leurs maîtresses. Ce parler a été baptisé “Pidgin Madame” parce que la relation maîtresse‑servante s’est avérée structurelle pour sa grammaire. On assiste ici, dans la forme même de la langue (les formes construites miméti-quement, le remplacement de la première personne du singulier par la deuxième et la troisième personne féminines, les assertions et questions prenant les formes d’impératifs et de prohibitifs), à la manifestation d’une sorte de grammaire de la servitude.
Le corpus présenté dans ce livre a été enregistré au Liban auprès de quatorze Sri Lankaises racontant leur vies de domestiques, ainsi qu’auprès d'une vingtaine de maîtresses de maison libanaises. Ces bribes d'histoires, tout à fait singulières et originales, ainsi que la langue dans laquelle elles ont été recueillies, font de cet ouvrage une référence complète pour l’étude d’un phénomène social et linguistique marquant dont l’avenir est encore incertain.
“Le livre de Fida Bizri, servi, de surcroît, par la clarté, la fermeté et l’élégance de l’exposé, mérite de faire école, tant par les nouveautés tout à fait importantes qu’il apporte aux spécialistes des études créoles que par son intérêt évident pour la linguistique générale” (Claude Hagège).
Fida Bizri est linguiste spécialiste des langues de contact. Après avoir étudié les langues sémitiques anciennes, elle a consacré sa thèse de doctorat aux contacts linguistiques entre l’arabe et le singhalais. Dans le cadre de sa recherche sur le phénomène de migration féminine au Moyen Orient, elle a effectué plusieurs séjours à Sri Lanka et au Liban, et s’est également penchée sur le cas de l’amharique et du tagalog en contact avec l’arabe dans les mêmes conditions de servitude. Son amour des langues l’a amenée à en apprendre plus de vingt, dont plusieurs parlées par des communautés religieuses ou économiques au Liban. Aujourd’hui, elle enseigne le singhalais et la linguistique indienne à l’Inalco.
Auteur(s) : SAMADI NAAMAN Hana
Parution : 2009
ISBN 10 : 270533825X
ISBN 13 : 9782705338251
Pages : 668
Format (mm) : 155x240
Poids : 1180g
(3ème édition revue et augmentée d'une introduction)
À travers sa longue histoire, le pays du Cèdre a connu des guerres successives qui ont dispersé des générations de jeunes à travers le monde. Les Libanais emportent dans leurs bagages leurs habitudes sociales et familiales, leurs convictions politiques et leurs croyances religieuses, leurs traditions culinaires et leurs expressions métaphoriques. Dans leur quête d’une nouvelle vie et d’une insertion réussie, leurs descendants finissent par oublier tout cet héritage au profit du pays d’accueil où ils ont choisi de vivre et y laissent en premier leur langue maternelle pour adopter celle du pays d’accueil.
La traduction des proverbes libanais et l’évocation de leur histoire permettent de pallier cette lacune chez les Libanais de la diaspora. Témoins d’une culture plusieurs fois séculaire et gardiens de la sagesse des ancêtres, les proverbes représentent la mémoire collective du peuple et le repère culturel de chacun de ses membres. Ils ne doivent pas être jetés aux oubliettes. Cet ouvrage se propose de transmettre ce savoir à la nouvelle génération qui, espérons-le, saura prendre conscience de la richesse de son patrimoine ancestral et l’apprécier à sa juste valeur. La culture humaine, qui est acquisition, accumulation et transmission du savoir collectif et mère de la sagesse populaire, permet à chacun de devenir le dépositaire de ce trésor précieux et son fidèle transmetteur.
Née à Beyrouth, Hana Samadi Naaman entreprend des études de droit à l’université Saint-Joseph et s’inscrit au Barreau de Beyrouth. En 1976, elle s’installe à Paris où elle obtient, à la Sorbonne, un DESS en droit international de l’énergie. Journaliste à l’hebdomadaire al-Nahar al-arabi wa al-dawli, elle est traductrice juridique et économique et enseigne l’arabe classique et le parler libanais.