Auteur(s) : SOLER Renaud
Parution : 2014
ISBN 13 : 9782705338947
Pages : 306
Format (mm) : 160x240
Poids : 400g
Les historiens de l’archéologie biblique sont unanimes pour désigner un homme, Edward Robinson, comme leur illustre prédé-cesseur, et le fondateur de la discipline. Ce pasteur américain, orientaliste et grand voyageur, naquit en 1794 et mourut en 1863. Auteur de nombreux ouvrages, porté au pinacle par les sociétés savantes d’Amérique et du Vieux Continent, il connut la gloire de son vivant. Il fut ensuite progressivement oublié, à partir du début du XXe siècle, lorsque l’archéologie franchit un nouveau seuil épistémologique, pour devenir une simple figure pionnière, un glorieux ancêtre d’une période héroïque. Étudier la constitution de l’histoire de l’archéologie biblique, la formation d’une mémoire collective partagée par les archéologues, permet ainsi de voir surgir peu à peu la figure mythique d’Edward Robinson.
Il est néanmoins nécessaire de reconsidérer la vie du savant américain, en passant outre les simplifications du travail de la mémoire : reprendre ses ouvrages, relire les travaux de ses contemporains et prédécesseurs permet de saisir pour lui-même le moment constitutif de l’archéologie biblique, dans les années 1830, sans le juger à l’aune de critères de scientificité beaucoup plus tardivement élaborés, et sans commettre ce péché irrémissible de l’anachronisme. On voit alors se dessiner une archéologie biblique qui se développa en étroite connexion avec les sciences de son temps, sciences naturelles d’une part, sciences humaines et religieuses d’autre part.
L’archéologie biblique fut d’emblée pensée, reconnue et pratiquée comme discipline scientifique, qui n’était pas encore ce que nous appellerions, aujourd’hui, de ce nom. Mal dégagée des questionnements religieux et apologétiques, prisonnière encore d’un certain regard sur l’Orient, elle tient pour un moment insigne de l’histoire des sciences et des savoirs. La Palestine telle que nous nous la représentons fut, en grande partie, produite par Edward Robinson et les archéologues qui lui succédèrent dans la redécouverte de la Terre sainte.
Renaud Soler poursuit des études d’histoire à l’université de Paris-Sorbonne. Spécialisé dans l’étude du monde arabe à l’époque contemporaine, il s’intéresse à l’orientalisme du XIXe siècle, et au développement de la connaissance scientifique de l’Orient.
Auteur(s) : MASSON Michel
Parution : 2014
ISBN 13 : 9782705338800
Pages : 296
Format (mm) : 160x240
Poids : 480g
Un singe. Un singe qui est un chat. Qui est un hibou. Mais aussi un insecte, un androgyne nymphomane et adonné à la boisson, un monstre nocturne enfantin et balourd, un redoutable magicien porteur de chance et de malchance, supplié, supplicié. Tel est le Maimone, cette puissante entité dionysiaque que l’auteur nomme le Dieu garou et qu’il nous fait progressivement découvrir.
Partant de faits apparemment confinés à la Sardaigne, il montre qu’ils relèvent en fait d’une réalité bien plus générale, celle d’un ensemble de croyances attestées dès l’Antiquité et qui ont perduré au moins jusqu’au Moyen âge dans un espace coïncidant en gros avec celui de l’Empire romain.
Cette contribution à l’anthropologie est étayée par une analyse linguistique minutieuse qui met principalement en jeu les langues romanes et quelques autres.
Linguiste, auteur de plusieurs ouvrages, Michel Masson est professeur émérite à l’Université de Paris-3.
Auteur(s) : LANÇON Daniel, LANCON Cécile
Parution : 2015
ISBN 13 : 9782705339036
Pages : 304
Format (mm) : 160x240
Poids : 400g
Terre d’Orients multiples (hébraïque, chrétien par les ermites et les moines de Sainte-Catherine, arabe musulman, ottoman, colonial européen, égyptien moderne,...), terre des Bédouins mais aussi cœur culturel de l’Occident-Orient des civilisations du Livre, le Sinaï, espace tendu entre Afrique et Asie via l’isthme de Suez et la mer Rouge, tout autant séparation que passage, est un monde sauvage et hostile aux voyageurs jusqu’au début du XXe siècle.
Du Caire ou de Jérusalem au Mont Sinaï, de Jérusalem au Caire (ou l’inverse) par le Sinaï-Nord et l’isthme de Suez et, plus rarement, de Suez à l’Arabie en longeant les côtes de la Mer Rouge, voyageuses et voyageurs effectuent un pèlerinage chrétien (s’interrogeant sur la localisation du Mont Moïse, le parcours de l’Exode, le schisme orthodoxe) ; font partie de missions scientifiques (archéologiques, historiques, géologiques, géographiques) ; découvrent les nombreuses écritures pariétales et des manuscrits anciens ; traversent les déserts, escaladent de rudes montagnes. Ces récits apportent en outre des témoignages très intéressants sur les populations rencontrées (nomades et sédentaires arabes, moines), les réalités de leur vie quotidienne, leurs pratiques sociales et culturelles comme leurs croyances.
Dispersés dans de nombreux ouvrages sur l’Orient, le Levant, la Terre-Sainte, l’Arabie Pétrée, ces récits en langue française du Voyage au Sinaï sont rassemblés ici pour la première fois.
Daniel Lançon est professeur de littératures française et francophones à l’Université Stendhal-Grenoble 3, ses domaines d’étude sont la poésie française moderne et contemporaine, la littérature des voyages, les francophonies proche-orientales.
Auteur(s) : FAÜ Jean-François
Parution : 2010
ISBN 10 : 2705338489
ISBN 13 : 9782705338480
Pages : 108
Format (mm) : 210x280
Poids : 200g
La problématique, celle de l'analyse de l'évolution des communautés juives du Hadramaout et du Golfe persique, rejoint la question de leur situation comme pôle ou comme marge, au sein du judaïsme oriental, puis celle, inévitable, de leur décadence. La question des définitions des schèmes communautaires demeure étroitement liée aux sources étudiées qui, d'une part, montrent la perméabilité des relations internes au judaïsme et, d'autre part, réaffirme l'équilibre garanti par les règles de la dhimma.
Historien et diplomate, Jean-François Faü est spécialiste de l'histoire des communautés marginales du judaïsme oriental. Il s'est également intéressé à l'histoire de la représentation des Juifs dans l'art chrétien occidental.
Auteur(s) : FAÜ Jean-François
Parution : 2008
ISBN 10 : 2705338071
ISBN 13 : 9782705338077
Pages : 216
Format (mm) : 160x240
Poids : 350g
Les communautés juives de la Péninsule arabique s’égrenèrent tout au long de la djezirah, du port d’Aqaba à celui d’Aden où elles cohabitèrent avec des tribus chrétiennes et païennes dans les oasis des zones désertiques du Hejaz et dans les montagnes, entrecoupées de vallées fertiles, des royaumes de Sheba et de Himyar.
Cette population juive varia en fonction des vicissitudes de l’histoire de cette région, continuant d’augmenter grâce à une immigration venant de Babylone, puis de Palestine et à un processus de conversion des rois himyarites et des familles princières locales. Ces conversions furent moins le fait d'une religiosité que d'un opportunisme politique face à l’hégémonie de l’Abyssinie chrétienne voisine. La conquête musulmane représenta une véritable révolution de société pour l’ancienne classe juive dirigeante qui se trouva soumise au statut de dhimmi.
Quoiqu’isolée, la communauté juive yéménite perdura grâce aux contacts qu’elle entretenait avec les centres du Caire et de Bagdad. Ces Juifs de Teyman, du « Sud profond », réussirent à imposer un style de vie particulier. Leurs témoignages nous éclairent sur le profil social et économique de ces communautés teymani-s ; le tableau dressé par les chroniqueurs musulmans permet de mieux appréhender l’interphase politico-économique mise en place par la royauté himyarite puis par le pouvoir zaydite.
Historien et diplomate, Jean-François Faü est spécialiste de l'histoire des communautés marginales du judaïsme oriental, des caraïtes et des Samaritains. Il s’est également intéressé à l'histoire de la représentation des Juifs dans l'art chrétien occidental.
Auteur(s) : GALLEY Micheline
Parution : 2010
ISBN 10 : 2705338365
ISBN 13 : 9782705338367
Pages : 210
Format (mm) : 210x280
Poids : 930g
Illustrations : 118 figures en couleurs
Ce livre convie le lecteur à la rencontre d’une femme qui traverse le temps : la Sibylle. Exploration passionnante, jalonnée de surprises et d’émerveillement.
C’est d’abord sous la forme d’une voix, mystérieuse et grandiose, qu’apparaît la Sibylle proférant l’oracle. Très tôt, la voix se matérialise et se multiplie jusqu’aux confins du monde grec où sont célèbres la Persique, la Libyque, la Cumaine, d’autres encore. Partout, la Sibylle incarne la divination inspirée. À Rome et à Alexandrie, c’est sa parole écrite qui a valeur sacrée. Avec le christianisme, l’antique prêtresse d’Apollon se voit adoptée en tant que « vraie prophétesse ». Étonnante transformation ! Le rôle de la Sibylle gagne en importance au sein de l’Église médiévale, et l’art chrétien s’approprie la Sibylle païenne – faits qui, étrangement, semblent avoir été occultés par l’Histoire. Au temps de la Renaissance, la Sibylle (voire le « concert des sibylles » en son entier) opère une entrée spectaculaire et triomphante dans les églises : à Sienne par exemple, le somptueux pavement de la Cathédrale présente dix Sibylles comme messagères de la Révélation. Une vogue qui n’est pas limitée à l’Italie.
Cet ouvrage est illustré des plus belles représentations, en France et en d’autres pays, qui marquent cette période exceptionnellement féconde. Après le Concile de Trente, la figuration sibylline ne disparaît pas ; elle se transforme et s’adapte aux courants esthétiques. Toujours perçue comme la femme habitée par l’intuition des choses cachées, la Sibylle fascine et inspire peintres et sculpteurs, romanciers, poètes et musiciens. En pays catalan, le « Chant de la Sibylle » fait, encore aujourd’hui, partie de la tradition liturgique de Noël. Mais à côté de cette image dominante, tout auréolée de sacré, on trouve aussi, rarement, une Sibylle décrite comme magicienne, parfois dangereuse séductrice, parfois irascible rivale de la Vierge Marie ou fière rebelle qui fait songer à Lilith : comme si elle condensait, en une même personne dotée d’une puissance exceptionnelle, tous les traits, positifs et négatifs, de la féminité.
Micheline Galley est directeur de recherche émérite au C.N.R.S. Professeur au Maroc (1957-1960), elle entre en contact avec la tradition vivante des conteurs. Elle acquiert une formation en ethnologie et dialectologie arabe à Paris (1960-1962). Elle enseigne à la Faculté d’Alger (1962-1966) ; déjà, elle recueille, de la bouche d’une conteuse, un important corpus. Elle entre au CNRS fin 1966, comme collaboratrice de Germaine Tillion et passe un doctorat en ethnologie en 1968. Ses travaux portent sur les littératures de tradition orale, au Maghreb et plus largement dans l’aire méditerranéenne. Elle étudie à travers le conte, la poésie chantée, les récits de vie, la situation de la femme dans une société traditionnelle. Elle a publié des recueils de textes et de nombreuses études sur la Geste hilalienne.