Auteur(s) : QUINTERN Detlev
Ikhwan aṣ-Ṣafa, les Frères de la pureté, exercèrent leurs activités pendant la deuxième moitié du xe siècle, sous le califat des Abbassides qui avait pour siège Bagdad. Le collège des philosophes et des scientifiques dont nous ignorons les noms, a composé une œuvre volumineuse, en 52 traités, ayant pour objet les sciences, depuis A comme anthropologie, jusqu’à Z comme zoologie. Partant de la philosophie des nombres et des mathématiques, les Frères de la pureté se basèrent sur une approche déduite d’une cosmologie scientifique de la plus grande actualité, car pluriculturelle.
Sur la base d’une cosmologie métathéorique reprenant des notions de l’histoire des idées gnostiques, Ikhwan aṣ-Ṣafa déployèrent le concept de raison qui, partant d’une rationalité insérée dans l’éthique, est orienté vers l’harmonie de l’homme, de la société, de la nature et du cosmos. L’humanisme des Ikhwan aṣ-Ṣafa est de plus inspiré par une éthique inter et trans-religieuse. Aussi, l’œuvre des Frères de la pureté gagne à être redécouverte car elle préfigure des issues à la crise de l’homme et des sciences et actualise les perspectives d’un humanisme qui sommeille dans l’histoire de la philosophie et des idées.
Detlev Quintern est né en 1960, est docteur en sciences historiques, enseigne à l’université de Brême (sciences culturelles, philosophie politique). Ses domaines d’investigation sont surtout l’éthique universaliste (Nouvel Humanisme, New Enlightenment), histoire de la culture et des sciences dans l’Orient et dans l’Occident et leur visualisation muséale. Il est directeur pour le développement et l’enseignement de la Fondation Prof. Fuat Sezgin de l’histoire des sciences en Islam à Istanbul.
Auteur(s) : Collectif, SCHMIDT A. (dir.), GONNET D. (dir.)
Collection : Études syriaques
Cette série est destinée à regrouper des études thématiques faisant le point sur différents aspects de l’histoire ou de la culture syriaques, celles des communautés chrétiennes dont la langue de culture est le syriaque (maronites, syriaques catholiques et orthodoxes, assyro-chaldéens, communautés du Proche-Orient et de l’Inde...).
Dès les origines de l’acculturation de la civilisation chrétienne syriaque dans le monde romano-byzantin, les Pères de l’Église d’expression grecque ont eu une influence considérable sur la littérature, la théologie et la dogmatique syriaques, mais aussi, par le mouvement des traductions, sur le lexique et la syntaxe de la langue ainsi que sur la rhétorique. Dans le vaste domaine de la patristique, ce livre offre un panorama de l’hellénisme syriaque, c’est-à-dire de l’influence qu’exercèrent les œuvres des Pères écrites en grec qui furent traduites et lues en syriaque (la liste en est donnée).
On trouvera ici des études thématiques sur la riche relation d’échange avec l’héritage grec qui se poursuivit au-delà de l’arrivée de l’islam, jusqu’à l’époque médiévale. Elles envisagent l’apport à la langue syriaque des traductions faites sur le grec, notamment dans l’évolution de la terminologie théologique. Les conséquences s’en font sentir aujourd’hui encore dans les discussions sur l’œcuménisme avec et entre les Églises orientales. L’influence des œuvres des Pères est étudiée sous plusieurs angles : d’après leur présence dans les manuscrits, qu’il s’agisse de citations dans d’autres œuvres, exégétiques, patristiques ou grammaticales, d’extraits dans des florilèges ou de traductions proprement dites, témoins d’originaux parfois disparus en grec, mais aussi dans les peintures murales, en Syrie et au Liban, ou encore d’après leur réception dans les grands centres intellectuels comme Édesse, Nisibe, Mossoul et Bagdad, mais aussi dans le curriculum scolaire des monastères.
Ce livre s’adresse aussi bien aux spécialistes de patristique, pour qui les versions syriaques sont une porte vers les originaux grecs, qu’à tous ceux qu’intéressent la transmission et l’acculturation de l’hellénisme chrétien dans l’art, la littérature et l’histoire du Proche-Orient, de l’Antiquité tardive au Moyen Âge.


Denfert-Rochereau ou Raspail


