Collection : Les manuscrits sauvés des sables
Auteur(s) : ANONYME , SANAGUSTIN Floréal
Parution : 2015
ISBN 13 : 9782705339333
Traduction : Floréal SANAGUSTIN
Pages : 276
Format (mm) : 160x240
Poids : 500g
Quiconque a lu les Mille et Une Nuits, connaît la trame de la Docte Sympathie : une servante d’une grande beauté et d’une grande intelligence est présentée au célèbre calife Hârûn al-Rachîd par son maître qui vante ses mérites et l’universalité de sa science et en demande cent mille dinars. Ce à quoi Hârûn al-Rachîd rétorque que si la science de la mignonne est avérée, il paiera la somme demandée. Le calife la soumet alors, devant un aréopage de savants et de membres de sa cour, à une série d’épreuves visant à tester l’ampleur de sa culture et à tenter de la mettre en échec. Toutefois, elle sortira avec les honneurs de cet affrontement et gagnera l’estime de tous après avoir dominé les divers savants (juriste, grammarien, philosophe, astronome, médecin et théologien) et en avoir même humilié certains.
Cet ouvrage présente la traduction en français du célèbre conte, mais dans la version de Tombouctou dix fois plus volumineuse que celle du Caire, version de référence. En effet, le copiste y a ajouté un grand nombre de développements juridiques, d’anecdotes sur les Compagnons du Prophète, de hadith-s, de citations coraniques et de questions relevant de la casuistique : droits de l’épouse, piété filiale, droits de l’esclave. Il est évident que de tels développements, liés à la tradition musulmane, s’inscrivent dans une tentative « d’islamisation » d’un récit qui était purement profane à l’origine. Cette tendance, visant à la reprise en main, par les théologiens musulmans tardifs, de la pensée profane, mais aussi de la pensée philosophique, se manifeste clairement dans cette version sahélienne du conte. Il s’agit de donner un vernis islamique à des récits à caractère universel.
Nous avons fait le choix de traduire ce conte non pas à la manière de Galland ou de Mardrus, ce qui paraîtrait aujourd’hui archaïsant, mais en utilisant un lexique moderne, voire familier par endroits, notamment dans les dialogues, souvent savoureux, qui émaillent le texte. Nous n’avons pas rendu systématiquement en français les eulogies musulmanes si fréquentes dans les manuscrits de Tombouctou.
Floréal Sanagustin est titulaire de l’agrégation d’arabe et d’un doctorat d’Etat ès lettres arabes. Il est professeur de langue et civilisation arabes à l’Université Lumière-Lyon 2 et chercheur à l’École Normale Supérieure de Lyon (laboratoire ICAR/CNRS 5191). On lui doit plusieurs ouvrages sur l’épistémologie et l’histoire des sciences arabes. Il a aussi participé au programme Valorisation et Édition Critique des Manuscrits Arabes Sub-sahariens (ENS/ICAR).
Collection : Les manuscrits sauvés des sables
Auteur(s) : BOHAS Georges, SAGUER Abderrahim, SINNO Ahyaf
Parution : 2016
ISBN 10 : 2705339524
ISBN 13 : 9782705339524
Pages : 330
Format (mm) : 160x240
L’exploration des ressources littéraires des manuscrits de Tombouctou nous amène à découvrir ce que l’on n’attendait pas : des textes qui relèvent à la fois du roman historique et de la littérature populaire, à la gloire de l’imam Ali et de son fils al-Husayn. Il s’agit de cinq récits. Le premier vante la science de l’imam. La science est l’un des traits marquants de l’imam que lui reconnaissent aussi les sunnites, se fondant sur parole du prophète : « Je suis la cité de la science, Ali en est la porte ». Les deux suivants se situent dans le contexte des expéditions du Prophète contre l’oasis de Khaybar. Le quatrième croise le récit du sauvetage des épouses du Prophète avec l’histoire d’un orphelin (al-Miqdad) et de ses amours pour la belle Mayyasa que son père lui refuse obstinément. Le cinquième est consacré au martyre de Husayn, fils de Ali. Il s’agit de l’interprétation chiite de l’événement. Elle en rejette la responsabilité sur le calife Yazid et ses agents, tout en blâmant les chiites de Koufa pour avoir abandonné Husayn après l’avoir invité à se mettre à leur tête. Pour cette tradition, la mort de Husayn, comme toute sa vie du reste, est marquée par des prodiges : prémonitions, interventions angéliques, châtiment des meurtriers et, pour terminer, l’itinéraire de la tête d’al-Husayn, dont le transmetteur a dit : « Nous avons cherché la tête d’al-Husayn, mais nous ne l’avons pas trouvée, et nous n’avons pu savoir si elle avait été enlevée au ciel ou enfouie dans la terre. »