Auteur(s) : BOULAÂBI Ridha
Parution : 2024
ISBN 10 : 2705341220
ISBN 13 : 9782705341220
Pages : 534
Format (mm) : 160x280
Si cet ouvrage tire son titre principal du célèbre The Empire Writes Back, publié par Bill Ashcroft, Gareth Griffiths et Helen Tiffin en 1989, Ridha Boulaâbi enrichit ici considérablement cette perspective des postcolonial studies par la révélation de la mise en fiction des orientalismes savants ou littéraires anciens par les autrices et les auteurs du xxie siècle.
L’orientalisme de retour au sein de la création littéraire maghrébine, bien après sa déconstruction saïdienne, signifie ici qu’il y a un enjeu pour ces écrivains à en venir à un « orientalisme au pluriel », à des « expériences et des parcours inédits, des figures peu connues », autant de traces d’une mémoire collective à partager et à discuter – d’où le titre principal – en les insérant dans les fictions afin de requalifier des hybridités culturelles, des minorités « invisibilisées » au sein de rapports croisés de domination (race, classe, genre).
Grand connaisseur de l’histoire de l’orientalisme et des principales figures intellectuelles des xixe et xxe siècles l’ayant incarné en Orient comme en Occident, Ridha Boulâabi explique parfaitement pourquoi et comment, dans ses composantes savantes, politiques, littéraires, l’orientalisme revisité est au cœur de la stratégie d’écriture et de discours des écrivains maghrébins les plus contemporains. Les intertextes orientalistes des xixe et xxe siècles, notamment arabisants, servent à dénoncer des hiérarchies encore imposées et à tenter, pour certaines et certains, de puiser dans les traditions écrites et orales pour une réconciliation postcoloniale des langues et des cultures. C’est incontestablement un apport majeur de ce livre.
Daniel Lançon
Enseignant-chercheur en littératures française et francophone à l’Université Grenoble Alpes, Ridha Boulaâbi est notamment l’auteur de L’Orient des langues au xxe siècle : Aragon, Ollier, Barthes, Macé (Éditions Geuthner, 2011) et de Nedjma de Kateb Yacine (Champion, coll. « Entre les lignes/littératures Sud », 2015). Il a par ailleurs dirigé aux Éditions Geuthner les collectifs : Les Orientaux face aux orientalismes (2013) et Voix d’Orient – Mélanges offerts à Daniel Lançon (2019).
Auteur(s) : Collectif, BOULAÂBI Ridha
Parution : 2019
ISBN 10 : 2705340100
ISBN 13 : 9782705340100
Pages : 216
Format (mm) : 160x240
Placé sous le signe de « l’aménité des rencontres » entre collègues de France, du Maghreb, des États-Unis, ce volume réunit des contributions qui rendent hommage à Daniel Lançon, professeur des universités émérite à l’université de Grenoble Alpes. Reconnus en France et à l’étranger, ses travaux de recherche sur les transferts culturels entre Orient et Occident, sur les littératures française et francophone contemporaines, ont largement contribué aux débats autour de l’altérité, des identités contrariées, de « l’entre-deux », pour reprendre l’expression de Daniel Sibony.
En s’inscrivant dans le prolongement de ces réflexions, les contributions qui composent ce volume d’hommage viennent rappeler la complexité des rapports entre l’Europe et ses ailleurs linguistiques et culturels, face à une actualité marquée par les crispations identitaires et par la peur de l’autre, désigné comme foncièrement étranger. Faisant entendre de nombreuses « voix d’Orient », cet ouvrage propose des formes de dépassement, permettant de sortir du manichéisme qui nourrit aujourd’hui certaines approches racialisantes. À l’instar de Gérard de Nerval, les contributeurs tiennent à montrer que « l’Orient est moins éloigné de nous que l’on ne pense ».
Ridha Boulaâbi
Avec les contributions de
Yves Bonnefoy, Ridha Boulaâbi, Guillaume Bridet,
Catherine Brun, Christiane Chaulet-Achour, Dominique Combe,
Ralph Heyndels, Kadidja Khelladi, Martine Mathieu-Job, Fouad Mehdi,
Anne-Marie Monluçon, Sarga Moussa, Patrick Née
Auteur(s) : Collectif, BOULAÂBI Ridha
Parution : 2013
ISBN 13 : 9782705338671
Pages : 241
Format (mm) : 160x240
Poids : 390g
Publié en 1978, L’Orientalisme d’Edward Said relit et interroge toute une tradition orientaliste très ancienne, mise au service de l’hégémonie et de l’impérialisme européen. Le succès de cet ouvrage dans le monde anglo-saxon et ailleurs ouvre la voie à de nouvelles recherches culturelles et contribue largement à l’émergence des études postcoloniales. La mise en question de l’orientalisme révèle au grand jour l’ampleur de la crise qui secoue cette discipline – crise déjà pointée du doigt par Jacques Berque, en 1961, Anouar Abdel-Malek, en 1963, ou encore Maxime Rodinson en 1974. Ainsi, la prise de conscience de la nécessité de collaborer à égalité avec les Orientaux gagne de plus en plus de terrain.
Comment faire place dans ce domaine de recherche
« à l’Autre étranger » comme le souhaitait déjà Edward Said ? Faut-il habiter l’Orient pour être « oriental » ? Quel regard porte-t-on sur l’orientalisme européen quand on se situe à l’intérieur de l’Orient ? Inversement, comment appréhender les phénomènes de déplacement, de migration, d’exil ou de « déterritorialisation » des Orientaux en Occident ? Ces derniers dépendent-ils des institutions occidentales dans lesquelles ils évoluent et par lesquelles ils diffusent leurs critiques ? Telles sont, entre autres,
les interrogations auxquelles cet ouvrage collectif tente d’apporter quelques réponses. Ces contributions révèlent l’ampleur des collaborations entre intellectuels d’Orient et chercheurs d’Occident, au-delà de la complexité de l’histoire coloniale.
“ Cet ouvrage collectif vient remettre les pendules à l'heure et nous rappeler quelque vérités essentielles sur différentes formes d'orientalisme et leurs fonctions. ” Georges Corm
Cet ouvrage dirigé par Ridha Boulaâbi, maître de conférences en littératures francophones à l’université Stendhal-Grenoble 3, recueille les contributions d’Abdelkader Amri, Stéphane Baquez, Ridha Boulaâbi, Christiane Chaulet-Achour, Daniel Lançon, Sarga Moussa, Pascale Roux et Andrew Stafford.
Auteur(s) : BOULAÂBI Ridha
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338462
ISBN 13 : 9782705338466
Pages : 538
Format (mm) : 155x240
Poids : 780g
« Aujourd’hui il n’y a plus d’ailleurs (sinon une forêt fraîchement abattue, ou un livre déniché par hasard), Marco Polo ne quitterait pas Venise, il apprendrait des langues. », écrit Gérard Macé dans Leçon de chinois.
L’épuisement d’une longue tradition qui s’est construite autour d’un ailleurs essentiellement géographique donnant jour à toute la littérature viatique cède la place à un autre type de voyage dont la destination est une langue étrangère et lointaine. En effet, aujourd’hui, pour de nombreux écrivains français, héritiers de Segalen, de Claudel et de Michaux, les langues orientales représentent des îles nouvelles à explorer, d’une manière réelle ou imaginaire. Si certains écrivains français comme Gérard Macé ou Roland Barthes ont choisi les idéogrammes de l’Extrême-Orient, d’autres, comme Claude Ollier ou encore Louis Aragon ont suivi la caravane de la langue arabe et de ses différents dialectes.
Le résultat est impressionnant : il ne s’agit plus comme au XIXe siècle dans le meilleur des cas de donner la parole à l’étranger ou d’inventer des mots, mais d’ouvrir à un renouvellement des formes linguistiques, poétiques et narratives, à l’éclatement des genres, au brassage des modèles textuels. Si ce détour par l’Orient des langues dévoile chez certains un Orient secret puisant ses sources dans les souvenirs les plus intimes, il se traduit chez d’autres par une reconquête de la totalité grâce à la recréation d’une Babel heureuse, déculpabilisée et ouverte sur le monde. Cette fascination essentiellement poétique et textuelle, désintéressée pour ainsi dire, permet de nuancer les thèses qu’Edward Said développe dans Orientalism.
Ridha Boulaâbi est docteur en littérature française et comparée de l'Université Jules Verne de Picardie. Ses domaines de recherche portent sur les littératures française, francophone et arabe contemporaines.