LE VIEIL-ARABE DE NAJRĀN

une variété archaïque de la langue arabe dans la région de Najrān vers le début de l’ère chrétienne

Collection : Miscellanées
Parution : 2023


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ISBN 10 : 2705340568
ISBN 13 : 9782705340568
Pages : 192
Format (mm) : 160x240
Illustrations : nombreuses illust. couleurs

La langue arabe apparaît en pleine lumière après la fondation de l’Empire
musulman dont elle est la langue officielle. Si on remonte dans le temps,
elle est illustrée, au vie siècle de l’ère chrétienne, par une poignée de textes
courts en langue et en écriture arabes, qui ont été trouvés dans trois zones, le
Bilād al-Shām, l’extrême nord-ouest de la péninsule Arabique et la région de
Najrān. Pour les périodes plus anciennes, la thèse dominante est que la langue
arabe ne serait attestée que dans deux zones, le nord-ouest de la péninsule
Arabique et le Bilād al-Shām, dans des textes écrits soit en alphabet arabique
(ṣafāʾitique et ḥismāʾique) soit en alphabet araméen.
Cette dernière affirmation paraît incongrue, d’autant plus que, durant les
siècles précédant l’Islam, la carte tribale paraît relativement stable. Il semble
plus logique de supposer que de nombreuses populations en Arabie parlaient
un arabe qu’on ne sait pas reconnaître. Les inscriptions de Najrān en écriture
sudarabique et en langue sabaʾique en offrent une première illustration.
Dans le corpus du sabaʾique, quelques dizaines de textes s’écartent plus
ou moins de la norme. Ils présentent des déviances dans la phonétique, la
morphologie et le lexique, qui peuvent être interprétées comme des emprunts
à la langue arabe. Le nombre de ces déviances est relativement faible dans
tous les textes sauf un où il excède celui des caractères propres au sabaʾique.
Tous ces textes, qui proviennent d’une même zone, celle de l’oasis de Najrān,
au nord de Sabaʾ, datent d’une période relativement haute, entre 350 avant
l’ère chrétienne et 150 après l’ère chrétienne.
Dans l’analyse des inscriptions antiques, la démarche traditionnelle
consiste à isoler des ensembles de textes présentant une parenté linguistique
manifeste ; chacun de ces ensembles définit une langue. Pour Najrān, cette
démarche aboutit à l’identification de deux « langues » : un dialecte du
sabaʾique en contact avec l’arabe et une langue apparentée à l’arabe.
Cette démarche paraît inappropriée parce que la plupart des commanditaires
des textes rédigés dans ces deux « langues » appartiennent au même
groupe tribal. La variabilité linguistique des inscriptions de Najrān s’explique
plutôt par l’introduction dans la langue écrite de caractères empruntés à la
langue parlée en proportion variable. Ces caractères sont peu nombreux
dans les textes les plus formels comme les règlements ou les offrandes ; en
revanche, ils abondent dans les inscriptions funéraires dont les stipulations
et les interdictions doivent être impérativement comprises.
La langue des inscriptions de Najrān serait donc du sabaʾique écrit par une
population parlant une variété ancienne de la langue arabe que l’on peut
appeler « vieil-arabe de Najrān ».


Mots-clés : Linguistique-Dialectologie





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Le droit en monde syriaque

Collection : Études syriaques
Auteur(s) : BERTI Vittorio, DEBIÉ M.
Parution : 2023


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ISBN 10 : 2705341152
ISBN 13 : 9782705341152
Pages : 494
Format (mm) : 160x240

Cette série est destinée à regrouper des études thématiques faisant le point sur différents aspects de l’histoire ou de la culture syriaques,
celles des communautés chrétiennes dont la langue de culture est le syriaque (maronites, syriaques catholiques et orthodoxes, assyro-
chaldéens, communautés du Proche-Orient et de l’Inde...).

Le thème du droit dans les contextes de présence syriaque, tant sur le plan ethnique que du point de vue de la diffusion des Églises, est essentiel pour comprendre comment les communautés étaient organisées à un certain moment de l’histoire, quels modèles comportementaux et sociétaux étaient ou non admissibles et quelle a été l’évolution dans l’espace et dans le temps des textes et des pratiques.
Héritières des cultures juridiques du Proche-Orient ancien et liées à celles des empires dans lesquels elles se développèrent, la réflexion et la pratique juridiques syriaques, porteuses de leur propre mode autochtone de régulation des relations mercantiles et patrimoniales, ont été fortement enrichies par l’influence des traditions juridiques d’Israël, par la présence en Syrie occidentale de la culture et des institutions juridiques romano-byzantines, par la confrontation en monde iranien avec celle des Perses sassanides, et enfin par le nouveau monde éthique et juridique apparu avec l’avènement de l’Islam à partir du viie siècle dans tout le Proche et Moyen-Orient.


L’expansion des communautés et des Églises de tradition syriaque s’est accompagnée d’une caravane de lois et de traditions jurisprudentielles recueillies, préservées, transmises et constamment intégrées par les lettrés syriaques dans un paysage ethnique et culturel asiatique encore plus vaste. Celui-ci a contribué à façonner un certain « relativisme » vis à vis des systèmes juridiques et des coutumes avec lesquelles les chrétiens syriaques ont appris à composer. De là sont nées une créativité et une liberté dans l’élaboration de solutions pour les différents cas de vie, sous le regard des évêques et des dirigeants communautaires.   

   
Droit des Églises, le droit en syriaque est envisagé dans ce volume dans le contexte des droits impériaux dans lesquels il s’est développé et par rapport auxquels il s’est défini. Droit civil et droit ecclésiastique doivent être ainsi appréhendés en interaction et en situation multilingue, le droit des Églises syriaques entrant en dialogue avec celui des autres communautés religieuses et des États.


Ce volume rassemble une série de contributions visant à présenter les sources du droit en monde syriaque afin de les rendre accessibles aux non-spécialistes. Il a pour but également de faire un point sur les études historiques concernant les contextes dans lesquels textes et corpus sont apparus et l’impact qu’ils ont eu. Il s’intéresse aussi aux pratiques du droit et aux conditions d’exercice de la justice, ouvrant ainsi des fenêtres vers des études d’histoire sociale, d’histoire culturelle et d’études de genre en permettant un accès à des catégories sociales peu représentées dans d’autres types de textes, comme les femmes, les enfants, les esclaves.


Les anciens systèmes notariaux présents dans les contextes araméophones, la manière dont les sources canoniques se rapportent aux juifs et au judaïsme, l’impact de la production canonique alexandrine et des textes synodaux antiochiens dans le contexte syriaque, la réflexion théologique sur le droit séculier, la tradition canonique syro-occidentale, de Sévère d’Antioche aux synodes du ixe siècle, jusqu’à la relation entre le droit canonique et le droit islamique sont autant de sujets étudiés.

 


Mots-clés : histoire, droit, syriaque, Religions-Littérature-Histoire des textes, Culture, étude




Le Yémen ancien

Histoire inachevée des cités-États et royaumes VIIIe-VIe siècles av. J.-C.

Auteur(s) : ARBACH Mounir
Parution : 2024


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ISBN 10 : 2705341145
ISBN 13 : 9782705341145
Pages : 170
Format (mm) : 210x280

Berceau d’une civilisation florissante, le Yémen s’est doté dès le début du ier millénaire av. J.-C. d’un système politique, religieux et social spécifique. Durant cette période de formation et de constitution des cités-États et royaumes sudarabiques, l’Arabie du Sud était marquée par la présence de multiples entités politiques composées de villes/tribus, dont les plus documentées sont de la région de Jawf – Nashshān, Kamna, Haram, Inbbaʾ, Qarnā. Elles partageaient, outre une langue commune, le minaic, une iconographie religieuse d’inspiration mésopotamienne unique en Arabie. Chacune d’elle avait son institution monarchique, son propre panthéon et son organisation sociale.


Les conquêtes militaires menées par le royaume de Sabaʾ au début du viie siècle av. J.-C. ont provoqué la disparition progressive des cités-États en Arabie du Sud par leur intégration dans des royaumes plus importants. Celles de la région Jawf ont été annexées par les royaumes de Sabaʾ et Maʿīn ; celles méridionales des hauts plateaux sont désormais dans l’orbite de Qatabān et du Ḥaḍramawt, au vie siècle av. J.-C.


De cette période de formation des cités-États et royaumes d’Arabie du Sud est née l’idée de cet ouvrage, véritable état des lieux des recherches sur l’histoire du Yémen antique entre le viiie et le vie siècles av. J.-C. Il propose une reconstitution historique basée sur une chronologie relative des événements et des règnes, à la lumière des dernières découvertes et sur de solides données principalement épigraphiques et archéologiques.

 

Mounir Arbach, directeur de recherche au CNRS, est épigraphiste et historien de l’Arabie du Sud avant l’Islam. Actuellement en poste au Centre français de recherche de la péninsule Arabique au Koweït, en mission à Mascate, Sultanat d’Oman, où il dirige depuis 2021 la Mission franco-omanaise de prospection épigraphique.  Depuis une trentaine d’années, il a effectué de longs séjours et de très nombreuses missions de terrain au Yémen, en Arabie saoudite et actuellement en Oman. Auteur/coauteur et coéditeur d’une quinzaine d’ouvrages scientifiques, il a également publié plus d’une centaine d’articles parus dans des revues scientifiques internationales et de vulgarisation.


Mots-clés : Archéologie-Architecture, épigraphie, arabie, Yemen, cités-États, minaic




La Torah orale

de l’idée juive du sens

Collection : Patrimoine Oriental commun
Auteur(s) : HAYOUN Maurice-Ruben
Parution : 2020


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ISBN 10 : 2705339913
ISBN 13 : 9782705339913
Publication : co-édition Reconstruire ensemble
Pages : 216
Format (mm) : 140x200
Illustrations : non

Moïse aurait reçu sur le Mont Sinaï, non pas une mais deux
Torah. C’est, du moins, la réponse faite à une haute personnalité
romaine qui pose à un disciple des Sages la question
suivante : Mais combien de Torah avez-vous donc ? Deux,
répondit le Sage sans la moindre hésitation. Par la suite,
cette réponse a été théorisée pour expliquer que ces deux
traditions, écrite et orale, sont comme des vases communiquant
et bénéficient de la même légitimité. L’existence et la
légitimité de cette même Torah orale ont été contestées au
sein du judaïsme lui-même. Déjà dans l’Antiquité, les Sadducéens
contestaient l’origine de certaines lois ou rites absents
de la Tora écrite… Plus tard, ce sera vers les VIII-IXe
siècles, le tour des karaïtes (d’où leur nom, tiré de Mikra :
le texte écrit et qu’on lit) de contester, voire de rejeter violemment
cette tradition orale. Enfin, dans l’Europe du Siècle
des Lumières, notamment en Allemagne, on assiste à
l’émergence du judaïsme libéral ou réformé qui tentera, à
son tour, de s’émanciper de certaines interprétations ou
exégèses, non conformes à la lettre de la Torah écrite. Mais
aujourd’hui, en Israël, une forme de consensus semble s’imposer
qui consacre un certain rapprochement, non dénué de
quelques arrière-pensées, entre les deux tendances du judaïsme
contemporain.


Maurice-Ruben HAYOUN est professeur des universités,
spécialiste de la philosophie médiévale juive et arabe
(Maïmonide, ses précurseurs et ses épigones, Averroès, al-
Farabi, ibn Baja et ibn Tufayl) et du renouveau de la
philosophie juive en Allemagne de Moïse Mendelssohn
(1729-1786) à Emmanuel Levinas (ob. 1995) en passant par
Martin Buber, Gershom Scholem, Franz Rosenzweig et
Léo Baeck.


Ses principales publications sont : Les Lumières de Cordoue
à Berlin, 2 volumes 1996, Agora. Léo Baeck, conscience du
judaïsme moderne, Armand Colin, 2013. Martin Buber,
Agora, 2014. Franz Rosenzweig, Agora, 2015. Emmanuel
Levinas, philosophe-herméneute,Agora, 2017.


Mots-clés : Judaïsme, Religions, torah, Oralité




Arabie — Arabies

Volume offert à Christian Julien Robin par ses collègues, ses élèves et ses amis

Parution : 2023


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ISBN 10 : 2705341169
ISBN 13 : 9782705341169
Pages : 648
Format (mm) : 160x240

Édité par
Iwona Gajda et Françoise Briquel Chatonnet
avec la collaboration de Denise Aigle

 

Ce volume dédié à Christian Robin réunit divers articles
concernant l’Arabie ancienne, son histoire, ses langues et
écritures et ses religions. Les contributions rédigées par
des historiens, philologues, épigraphistes et archéologues
présentent l’Arabie préislamique à travers les témoignages et
vestiges laissés par ses habitants mais aussi sous des regards
extérieurs.


Table des matières
Introduction
Abréviations
Carte de la péninsule Arabique
Galerie de photos
Bibliographie de Christian Julien Robin

 

Les Arabes sous le regard des autres

  • Gilles Dorival, La Septante : une ou deux Arabies ?
  • Véronique Boudon-Millot, Arabes, Égyptiens et Éthiopiens sous le regard d’un médecin grec du iie siècle de notre ère : Galien de Pergame

 

Nouvelles inscriptions de la péninsule Arabique et d’alentour

  • Mounir Arba ch, Samʿī, un royaume des Hautes-Terres (au nord de Sanaa) au viie siècle av. J.‑C.
  • Khaldūn Nuʿmān, Nouvelles inscriptions de Maṣnaʿat Māriya
  • Alessia Prioletta & Khaldūn H. Nuʿmān, Dhamār epigraphical series. 3, Nouveaux documents de la région de Ḏamarī et leurs implications historiques pour la reconstruction du moment qui précède l’union de Sabaʾ et de ḏū-Raydān
  • Alessio Agostini, Trois inscriptions de Bayt al-Šiḥṭara (Yémen)
  • Walter W. Müller, Zwei Bronzetafeln aus Kāniṭ mit mittelsabäischen Votivinschriften
  • Mohammed Maraqten, A Ḥimyarite diplomatic mission of the king Shammar Yuharʿish
  • to the Roman Caesar of Shaʾmat
  • Serge A. Frantsouzoff, Sur le droit d’hérédité en Arabie méridionale antique
  • Iwona Gaj da, Inscription expiatoire provenant de Barāqish, musée national de Ṣanʿāʾ, Yémen
  • Irene Rossi, Nouvelles listes de femmes étrangères des Minéens et première mention d’Édom en Arabie du Sud
  • François Bron, Une dédicace minéenne à Nakraḥ
  • Alessandra Avanzini, The inscription CSAI I, 203 = RES 3858: some observations on noun declension in the Qatabanic language
  • Saʿīd al-Saʿīd, L’inscription funéraire de Thāj
  • Michael C. A. Macdonald, Babel around Taymāʾ and Dūma
  • Hani Hayaj neh, First evidence of the locative Qdr (Qedar) in the Ancient North Arabian inscriptions
  • Françoise Briquel Chatonnet, Écriture en pays de mission : à propos des inscriptions syriaques d’Arabie
  • Maria Gorea, Deux nouveaux graffites palmyréniens découverts dans la Bādiyah (Jordanie)
  • Robert G. Hoyland, Arabic and Greek in Nessana and the Near East before and after the Muslim conquest
  • Hélène Cuvig ny, Aves psittacos, animal sphingion

 

Du tesson à l’architecture

  • Sabina Antonini de Maig ret, Missione archeologica italiana in Yemen: notizia di una prospezione archeologica a Ġaymān
  • Alexander V. Sedov & Yuri A. Vinogradov, An important archaeological discovery on the island of Socotra (Republic of Yemen)
  • Jean-François Breton, Jidfir ibn Munaykhir : quantification d’un assemblage céramique
  • Guillaume Charloux, Hédi Dridi & Jérémie Schiettecatte, Le Bâtiment A de Ḥaṣī (Yémen) : palais des princes haṣbaḥides ?
  • Christian Darles & Pierre Gentelle, L’architecture de l’irrigation dans les territoires
  • arides de l’Arabie du Sud : techniques hydrauliques et construction, tentative de définitions
  • Joseph Patrich, Caravan trade: the “Nabataean” fortresses in the Negev re‑examined
  • Romolo Loreto, Textual sources and archaeological evidence for the study of Christian architecture in pre-Islamic Yemen: notes on Great Church of Abrāha at Sanaa
  • Pierre-Louis Gatier & Denis Genequand, Un sanctuaire de Dousarès à Umm al-Walīd (Jordanie)

 

Des religions traditionnelles à l’islam

  • Pierre Bordreuil, Du nuage aux sources : ʿAn et ʿAnatou
  • Maria Grazia Masetti-Rouault, L’autre face, et la jambe, de la Reine de Saba, encoreune fois
  • Stéphanie Anthonioz, La polémique contre l’idolâtrie dans la Bible hébraïque : du contexte babylonien au contexte grec
  • Michael Lecker, Idol worship in pre-Islamic Yamāma
  • Yoseph Tobi , Jews in the poetry of Imrū al-Qays (ca. 497-545 ad)
  • Alain Desreuma ux, Le folio perdu de l’horologion araméen melkite de Berlin (Or. Oct. 1019)
  • Asmahan Al-Garoo, Quelques rites du pèlerinage communs au paganisme d’Arabie du Sud et à l’islam
  • Uri Rubi n, The Dome of the Rock in Jerusalem: a second Kaʿba
  • François Déroche, Du « Qurʾan on white vellum » au « coran en vingt-huit tomes »


Mots-clés : Ouvrages généraux et divers




L’ibadisme

Les gens de l’appel et de la droiture

Auteur(s) : GONTY Grégory
Parution : 2021


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ISBN 10 : 2705340872
ISBN 13 : 9782705340872
Pages : 346
Format (mm) : 160x240

études ibadites
Cette collection réunit des études thématiques sur l’ibadisme, courant de l’islam présent à travers des communautés vivant à Oman, Zanzibar, Djebel Nafoussa (Libye), l’île de Djerba et le Mzab (Algérie). Elle s’attache à mettre en lumière la diversité des approches scientifiques, académiques et patrimoniales traitant de ces communautés à travers des perspectives historiques, théologiques et culturelles. La collection comprendra à la fois des inédits et des rééditions scientifiques de textes.


Courant de pensée de l’islam, l’ibadisme est souvent méconnu, ou fait encore l’objet d’ignorance et de jugements a priori. Assimilé à tort au kharijisme, il est le plus souvent mis en marge de l’orthodoxie musulmane. Pour cause, le devenir de la communauté musulmane après la mort du Prophète s’est traduit par les questions tournant autour de sa succession spirituelle et politique. Les dissensions politiques entre musulmans ont trouvé leur apogée lors de la bataille de Ṣiffīn, en l’an 37 de l’Hégire. Elle a opposé ‘Alī, quatrième calife de l’islam et gendre du Prophète à Mu‘āwiya, fondateur de l’ère dynastique omeyyade. Le destin de la umma islamique a irrémédiablement été orienté à partir de l’arbitrage (taḥkīm) entre ces deux protagonistes. Une partie des rangs de ‘Alī, appelée muḥakkima refusant cet arbitrage quitte les rangs. Les ibadites revendiquent l’héritage spirituel et politique de ce groupe.


Mais qu’en est-il au juste ? le kharijisme, courant du groupe (firqa) ayant également quitté les rangs du gendre du Prophète, aurait-il un lien de parenté avec l’ibadisme ? L’ibadisme est-il un courant de l’islam possédant ses propres spécificités, singularités ? Les ibadites ont-ils un patrimoine spirituel, intellectuel et scientifique propre ? Quelle est leur participation et apport à l’histoire de la civilisation islamique ? Quels sont les points communs et divergences avec les autres courants de la pensée islamique, sunnite, imamite, ou autres ? Cet ouvrage se veut être une introduction à l’étude de l’ibadisme, et un éclaircissement quant aux questions et aux incompréhensions dont fait l’objet ce courant de l’islam.
Grégory Gonty est étudiant en sciences islamiques, et membre effectif de l’AIB (Académie Islamique de Bruxelles). Ses recherches sont principalement axées sur la philosophie, l’histoire et les sciences islamiques.


Mots-clés : islam, Religions, ibadisme, orthodoxie musulmane, Prophète