Auteur(s) : CLER Jérôme
Parution : 2011
ISBN 10 : 2705338500
ISBN 13 : 9782705338503
Tome : livre + cd
Pages : 354
Format (mm) : 160x240
Les Yayla sont les estives où les yörük, nomades et semi-nomades turkmènes, mènent leurs troupeaux au mois de mai, dans de longues transhumances ; et c’est plus souvent, désormais, le lieu où ces nomades ont fini par se sédentariser. Ainsi, au sud-ouest de la Turquie, non loin de la Méditerranée, dans quelques yayla du Taurus occidental, des musiciens répètent à l’envi de petites musiques formulaires pour inciter des parents ou amis à danser. Ceux-ci enchaînent les figures bras levés, en tournoyant, sur un cycle de quatre pas, dont un suspendu. La musique du lieu révèle son charme discret, mais irrésistible : une métrique boiteuse omniprésente, des mélodies dont l’ambitus ne dépasse guère une sixte, et qu’il est difficile au premier abord de distinguer entre elles, tant les lois combinatoires de leur formation sont subtiles. Ainsi ces anciens nomades suspendent-ils le temps, en l’enfermant dans le cercle de la répétition, de la ritournelle.
L’ethnomusicologue, venu là d’abord pour apprendre les secrets du bağlama, petit luth emblématique de cette société, y rencontre l’amitié indéfectible des maîtres de musique, derniers témoins de la vie pastorale d’antan. Ensemble ils interrogent le devenir et les mutations de cette société, depuis le passé préservé dans les mémoires, jusqu’au présent ethnograhique ; en s’immergeant dans le temps vécu, en épousant ses rythmes, l’ethnomusicologue apprend à capter les vibrations et les intensités qui traversent ce territoire, à saisir les enjeux esthétiques et politiques qui s’y expérimentent. La monographie qui en résulte part de ce petit pays de danseurs, de ses conceptions musicales, de ses habitus, en explorant les concepts de rythme, de territoire, de minorité. Interrogeant la nature profonde de ce monde rural qui reste fort peu étudié par l’anthropologie, l’auteur propose une « géomusicologie » : car la musique est ici non seulement objet d’étude, mais aussi trait d’union entre un paysage et les hommes qui l’habitent.
Après des études littéraires - agrégation de Lettres Classiques - et des premières recherches dans le domaine du Moyen-âge byzantin, la rencontre d’un grand maître du saz turc, Talip Özkan, et l’apprentissage de cet instrument ont peu à peu conduit Jérôme Cler à séjourner en Turquie pour accéder aux « sources vivantes ». Il en fait sa profession d’ethnomusicologue. Il est actuellement maître de conférences en ethnomusicologie à l’Université de Paris-Sorbonne (Paris 4).
Collection : Les Geuthner
Auteur(s) : ERLANGER (d') Rodolphe
Parution : 1959
ISBN 10 : 2705336842
ISBN 13 : 9782705336844
Tome : vol. 1 à 6
Format (mm) : 160x240
Les 6 volumes dans leur réédition de 2001 :
Auteur(s) : DURING Jean
Parution : 2010
ISBN 10 : 2705338284
ISBN 13 : 9782705338282
Pages : 348
Format (mm) : 155x240
Durant des siècles, la musique s’est située dans la culture iranienne au même niveau que la poésie, la miniature, les arts décoratifs qui, à l’instar de la langue elle-même, rayonnaient du Bosphore à l’Inde et à l’Asie centrale. À l’époque moderne qui s’annonce il y a plus de deux siècles, elle semble se reterritorialiser sur son espace ancestral pour y puiser une nouvelle inspiration, avant d’émerger à nouveau sur la scène impériale en présentant des formes à la fois nouvelles et immémoriales. C'est au milieu du XIXe siècle que se cristallise la musique « classique » persane qui a encore cours de nos jours. Mais avec l’accélération de l’histoire, la tradition régénérée a produit une prolifération de formes, de genres et de styles.
Face à cette diversité, le terme même de tradition musicale, ainsi que ses qualificatifs de persane, classique ou lettrée, ne peuvent plus s’appliquer sans précaution. Si tout a l’air de changer, il faut saisir dans quels cadres, à quelle échelle et sous quels facteurs dominants cela se produit, et pour évaluer la portée du phénomène, il faut identifier des invariants aussi bien que des régimes et des vitesses de changement. Pour tenir ce cap, l’auteur prend en compte la diversité et les contrastes du paysage musical de l’Iran dans son ensemble, en privilégiant toutefois la composante ancienne et lettrée, avec un souci constant de pertinence que reflètent la sélection et l’interprétation d’une abondance de données soigneusement documentées.
Jean During est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages et d’une quarantaine de CD sur les musiques de l’Asie intérieure, leur forme et leur contexte culturel, en particulier dans leurs rapports avec la société, la pensée et la mystique musulmane. Au cours de longues années en Iran, il a étudié la pratique de la musique persane avec les plus grands maîtres. Parallèlement à ses activités de recherche au CNRS, il a donné de nombreux concerts lui-même et s’est attaché à faire découvrir les meilleurs artistes d’Asie intérieure.
Auteur(s) : BEYHOM Amine
Parution : 2010
ISBN 10 : 2705338403
ISBN 13 : 9782705338404
Tome : 1
Pages : 700
Format (mm) : 155x240
Poids : 1220g
La musicologie de la musique arabe est aujourd’hui majeure et riche de ses multiples aspects : acoustique, organologie, histoire des instruments, des pratiques, des systèmes, des œuvres, analyse, systématique, ethnomusicologie des traditions, anthropologie religieuse, sociologie. Elle s’est cristallisée, avec l’œuvre du baron Rodolphe d’Erlanger, le Bourbaki de la musique arabe, autour des préoccupations et des savoirs de son temps, se focalisant sur le rapport de l’échelle générale des sons avec les genres mélodiques.
Aujourd’hui, le fondement d’une musique modale ne peut être saisi qu’à travers une intrication entre structure (échelles et éléments scalaires) et mémoire (reconnaissance des motifs, formules, tournures, intonations), que cette musique soit prise à l’échelle de la modalité de l’Islam, de l’ensemble arabo-arméno-chaldéo-turco-persan, du monde « arabo-musulman », de la musique syro-égyptienne ou du mâlouf de Constantine.
Formalisée à partir d’une théorie alternative de la modalité arabe, la dimension de la recherche d’Amine Beyhom, dont le lecteur tient le premier volume entre les mains, est non seulement systématique et historique mais spirituelle, souligne François Picard. La pratique de la recherche des textes, des manuscrits, des copies, des éditions, de la lecture, de la traduction, de la comparaison des variantes et interprétations a fait entrer l’ancien ingénieur polyglotte et cosmopolite dans la dimension de l’herméneutique. Toujours rigoureux, souvent enflammé, Amine Beyhom nous propose, entre théorie et pratique, une remise à plat, une actualisation des connaissances, une relecture des ouvrages fondamentaux – mais aussi ceux découverts depuis – ce qui va permettre de saisir, dans un premier temps, le système du maqām en tant que structure.
Ce tome, qui peut être également lu comme un exposé chronologique et systématique, inscrit plusieurs interrogations qui forment intrigue : Ne peut-on connaître la zalzalité dès avant Fārābī ? Y a-t-il nécessité que le `ūd ait eu des frettes ? Peut-on diviser l’octave en un nombre d’intervalles qui ne soit ni sept, ni douze, ni vingt-quatre ? Et dix-sept a-t-il fait, ferait-il l’affaire ? L’auteur nous invite, dans cet ouvrage, à un dialogue passionné en forme de munāẓara : une lecture inédite de l’histoire de l’échelle musicale autour de la Méditerranée.
Ingénieur de recherche, Amine Beyhom est producteur indépendant et enseignant en musicologie à Beyrouth. Musicien et compositeur, il entreprend depuis les années 1980 des recherches sur les musiques arabes et autres musiques du monde. Auteur, en 2003, d’une thèse sur la Systématique modale – théorie alternative sur l’agencement des intervalles musicaux et la formation de l'échelle – il a depuis publié plusieurs articles de fond sur les répercussions de l’application de cette théorie pour la compréhension des structures musicales. Il est chercheur associé au centre de recherches Patrimoines et Langages Musicaux à l’université Paris-Sorbonne.
Auteur(s) : BEYHOM Amine (dir.), DUMBRILL Richard (dir.), AZAR BEYHOM Rosy, OLLEY Jacob, SKOULIOS Markos, MARCHAND Erik
Parution : 2012
ISBN 13 : 9782705338824
Tome : 1.1
Pages : 116
Format (mm) : 210x280
Poids : 630g
Ce numéro contient :
Auteur(s) : Collectif, BONATO Lucie, DONDIN-PAYRE Monique
Parution : 2017
ISBN 10 : 2705339005
ISBN 13 : 9782705339005
Pages : 600
Format (mm) : 210x280
Illustrations : nombreuses illustrations
Entre décembre 1861 et janvier 1863, Edmond Duthoit, jeune architecte amiénois de 24 ans, recommandé par Viollet-le-Duc, participa à une mission d’exploration en Orient sous l’autorité de Melchior de Vogüé. Il fit escale à La Valette, Alexandrie, parcourut le Liban, Chypre, la Palestine, la Syrie du Nord, visita Athènes, Messine et Palerme. En 1865, il repartit pour l’Empire ottoman chargé de mission par Napoléon III : Constantinople, Chypre à nouveau, Assos en Troade, sont ses étapes principales. Quelques années plus tard, en 1872, il fut envoyé, toujours sur recommandation de Viollet-le-Duc, en Algérie, à Tlemcen notamment, pour dessiner les monuments arabes. Jusqu’à sa mort en 1889, chaque année, il retourna en Afrique du Nord pour assurer l’enregistrement, la restauration, la préservation des monuments.
La correspondance qu’il adressa à sa famille, sa mère puis sa femme, pendant ces périples est presque intégralement conservée, de même qu’un nombre considérable de dessins qui illustrent étroitement les descriptions de paysages, les aventures des déplacements en bateau, en train, à pied, en diligence, à cheval, les récits des fêtes, la peinture des vêtements, des gestes quotidiens, tout ce qu’il voit, ce qu’il ressent, ce qui l’enthousiasme.
Ces lettres dépourvues de tout artifice, pleines de vivacité et souvent d’humour, débordantes de vie et d’énergie, constituent un témoignage d’autant plus exceptionnel que leur sont associés les dessins qu’Edmond Duthoit lui-même réalisa sur le terrain. Plus que des relevés techniques, ce sont des scènes de rues, des croquis d’animaux, ses compagnons de voyages et de travail, les peuples aux modes d’existence immuables, les monuments délaissés et les villes enfouies.