Auteur(s) : Collectif, KHOURY Gérard D. (dir.)
Parution : 2004
ISBN 10 : 2705337512
ISBN 13 : 9782705337513
Pages : 350
Format (mm) : 160x240
Poids : 650g
Il est grand temps de découvrir Gabriel Bounoure pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de lire ce grand critique littéraire et poétique qui contribua d’une manière décisive à faire connaître Char, Jacob, Jouhandeau, Jouve, Michaux, Reverdy, Rimbaud, Ségalen ou Supervielle. C’est lui aussi qui sut déceler dans le jeune Schehadé un grand poète et dramaturge d’expression française et qui contribua à faire reconnaître Jabès. Ce qui aujourd’hui distingue l’approche critique de Gabriel Bounoure c’est, au delà même de la révelation des voies neuves et inouïes de la poésie contemporaine, une “méthode” qui lui est propre et qui rend sa voie inimitable.
Haut fonctionnaire de la France à l’époque des mandats, il a su fidèlement la servir mais aussi lui résister, lorsqu'il a estimé que celle-ci s'engageait dans une voie contraire à ses propres intérêts et en contradiction avec les valeurs qui en font le renom. Rallié de la première heure à l’appel du général de Gaulle, il critique la politique arabe de la France en Afrique du Nord, dans une correspondance privée en février 1952. Publiée dans une revue égyptienne par son destinataire, sans l'autorisation de Gabriel Bounoure, il est mis dans l'obligation de se renier ou de renier son pays et, refusant de se dédire, il est démis de ses fonctions. A soixante-six ans, cet homme entame une nouvelle carrière d’enseignant aux universités du Caire et de Rabat.
Pour Gabriel Bounoure, la place centrale qu’occupe le Liban – mais aussi la Syrie – tient, d’une part à la durée de son séjour dans ces pays – de 1923 à 1952 – et, d’autre part, à ses liens anciens et affectifs avec l’Orient, celui qu’il avait découvert à travers les auteurs romantiques, Gérard de Nerval tout particulièrement. Ami et confident de Louis Massignon, sensible comme lui à cet Orient mystique et essentiel, il en gardera la nostalgie en Bretagne, à Lesconil où il se retira.
Cet ouvrage, sous la direction de Gérard D. Khoury, comprend la correspondance inédite avec Georges Schehadé, qui fait revivre leur précieuse amitié, six poèmes inédits de Gabriel Bounoure, ses textes publiés dans des revues aujourd’hui introuvables, les différentes contributions du colloque Gabriel Bounoure, entre culture et politique, tenu à Aix-en-Provence en juin 2001, des témoignages et enfin un hommage rendu à Beyrouth, cinquante ans après le départ de Gabriel Bounoure du Liban.
Collection : Les manuscrits sauvés des sables
Auteur(s) : Collectif, BOHAS Georges, LELOUMA Alfa Mamadou, SAGUER Abderrahim, SALVAING Bernard, SINNO Ahyaf
Parution : 2018
ISBN 10 : 2705339845
ISBN 13 : 9782705339845
Publication : ISSN 241-4382
Pages : 220
Format (mm) : 160x240
Textes de Tierno Sadou Dalen, Modi Tahirou Lelouma, Almami Ibrahima Sori Dara et Alfa Gassimou Labe.
Ce volume présente pour la première fois des textes arabes rédigés au Fouta-Djalon, en Guinée, au milieu du xixe siècle. Les manuscrits sont édités en arabe, traduits, et remis dans leur contexte grâce à un important commentaire historique. Sont présentés successivement :
- Deux écrits du grand lettré en arabe Tierno Sadou Dalen (Abū Sa‘īd Sa‘du b. Ibrāhīm b. ‘Abd-Allāh, 1788-1854) portant sur les liens entre pouvoir et religion et rédigés en 1851 ; son poème Conseil aux pasteurs (Nuṣḥ al-ru‘āt) est un « Miroir des princes » rédigé dans la tradition d’ouvrages comme al-Tibr al-masbūk fī naṣīḥat al-mulūk (L'or purifié dans le conseil des rois) d’al-Ġazālī.
- Son texte Pour réconcilier les deux partis se disputant le pouvoir à la tête de l’État (Taḏkira li-iṣlāḥ ḏāt al-bayn min al-fi’atayn al-‘aẓīmatayn) a été rédigé pour mettre fin aux luttes fratricides pour le pouvoir que se livraient deux grandes familles descendant des fondateurs de la Confédération.
- Un poème intitulé « la bataille de Kinši », rédigé en 1860 par le grand lettré et chef, Modi Tahirou (Abū Marwān Ṭāhir) de Lélouma à la suite de la défaite d’une sédition politico-religieuse, la révolte d’Ilyasa.
- Deux lettres rédigées en 1873, adressées par le dirigeant de la Confédération du Fouta-Djalon, l’imām Ibrāhīm Sori Dara, et par le chef de la province de Labé, Alfā al-Gāsimu, aux notabilités du pays. Il s’agissait de les convaincre de lutter contre un mouvement de sédition politico-religieuse, la révolte des Hubbu, déclenchée en 1851 dans une province de la confédération.
Ces textes éclairent d’un jour nouveau les liens entre les lettrés en islam et les détenteurs du pouvoir politique, dans un État islamique fondé en 1727. Ils ont l’immense avantage d’offrir une vision des débats religieux, politiques et sociaux du moment, émanant directement des protagonistes, et sont de nature à renouveler une historiographie fondée jusqu’à présent sur des documents beaucoup plus récents.