Auteur(s) : CROZET Pascal
L’irruption des savoirs scientifiques européens en Égypte, à partir du règne de Muḥammad 'Alī, a largement contribué à transformer le paysage économique, socio-politique et culturel des pays arabes au XIXe siècle. Les divers projets de modernisation qui en ont résulté ont du reste été abondamment commentés par les historiens de cette époque.
Cet ouvrage tente précisément d’analyser les modes d’acclimatation, d’assimilation ou d’appropriation des nouveaux savoirs et savoir-faire, en portant l’analyse sur trois corpus principaux : les institutions, les contenus scientifiques et la reconstruction d’une langue scientifique en arabe. Fruit d’une volonté politique délibérée, la prise en charge de leur destin scientifique par les Égyptiens eux-mêmes constitue l’une des principales caractéristiques de cette période. Dans ce contexte, le patrimoine scientifique de même que les activités scientifiques et techniques traditionnelles, jouent tout au long du XIXe siècle un rôle primordial dans la légitimation de nouveaux savoirs. L’occupation britannique contribuera toutefois à briser ce processus d’appropriation et l’on assistera, à la charnière des deux siècles, à une sorte de ré-occidentalisation des sciences modernes.
Pascal Crozet est chargé de recherches au CNRS (Centre d’Histoire des Sciences et des Philosophies Arabes et Médiévales). Ses travaux touchent à la fois l’histoire des mathématiques arabes entre le ixe et le xiie siècles et l’histoire des sciences en Égypte au XIXe siècle. Ce livre est fondé sur les recherches qu’il a entreprises au cours d’un séjour de cinq années au Caire, d’abord au CEDEJ puis grâce à la bourse Michel Seurat dont il a été le lauréat en 1993.
Auteur(s) : LANÇON Daniel
« Y a-t-il eu jamais, soit pour la pensée soit pour le rêve (mais le rêve aussi est une pensée) un plus vaste champ que celui qu’ouvre ce mot fascinant, l’Égypte ?
Dans ce nom gisent des civilisations aussi irrémédiablement disparues qu’elles furent grandes, à l’époque pharaonique ou à celle de l’Alexandrie hellénistique et romaine puis au temps de l’essor de la culture islamique ; mais se présente aussi en ce qu’elle a de plus vif la forme moderne de celle-ci, sauf que c’est alors la complexité de la société arabe, de sa géographie, de ses arrière-plans dans tout l’Orient méditerranéen [...] Les relations qu’ont eues dans les deux ou trois derniers siècles l’Europe des Lumières et l’Égypte une et multiple, ces relations que tout ce passé de documents si variés préserve, eh bien, cela aussi c’est comme une grappe, et une promesse de suc. Une grappe qu’il faut presser pour mieux percevoir et comprendre l’autre grande vigne, là-bas dans le temps ou l’espace, et mieux préparer avec nos amis égyptiens ce qui devrait être un avenir partagé [...]
Puisse ce livre montrer que dans le regard de l’Occident sur l’Égypte il n’y a pas eu que convoitise ou désir de domination mais l’affection et le besoin de comprendre, de partager ! Si ce vœu est exaucé, à l’échelle où les livres ont leur efficace, certes réduite, je suis sûr que Daniel Lançon en sera heureux. Lui qui sait que l’histoire littéraire n’est rien si elle n’aide pas à déjouer les conflits qui grèvent les sociétés et en assombrissent l’avenir. » (Yves Bonnefoy)
Daniel Lançon est maître de conférences en littérature française, auteur d’études sur l’histoire des littératures francophones, la relation de voyage au Proche-Orient et la poésie française contemporaine.
Auteur(s) : VOGEL Claude
Enfin accessible aux étudiants des sciences humaines, une présentation d’ensemble des questions de parenté longtemps réservée aux seuls spécialistes. Parenté et alliance, systèmes unilinéaires ou indifférenciés, famille réduite et famille étendue : Ces dichotomies classiques de l’anthropologie sociale sont replacées par l’auteur dans la perspective de processus régulateurs qui modèlent les groupes locaux en même temps qu’ils redistribuent les effectifs régionaux.
Les principes de descendance ne jouent pas de la même façon à l’intérieur des sociétés unilinéaires ou indifférenciées. Lorsqu’elles sont exclusives, les solidarités de sang prennent le pas sur les associations de fait. Les solidarités bilatérales au contraire, parce qu’elles sont non-exclusives, perdent de leur force, et les groupements empiriques définis par la résidence et les solidarités conjugales prennent une place prépondérante dans le découpage des unités signifiantes de l’organisation sociale.
L’alliance prend également dans les systèmes complexes une dimension particulière. De la même façon que Lévi-Strauss soulignait le caractère inéluctablement “local” de la parenté indifférenciée, l’alliance non prescriptive ne peut pas être totalement comprise si on l’approche en termes de sang et de cycles exclusivement matrimoniaux. L’alliance est, dans ces systèmes, locale et territoriale au même titre que la parenté.
La régulation de l’espace régional et génétique est assurée par la réversibilité des processus d’élimination locale et de concentration foncière, qui permet de réintroduire des formes verticales organiques là où tend à s’instaurer synchroniquement un désordre croissant. Ce modèle qui représente une articulation bien comprise de la parenté et de l’alliance, et des deux polarisations de l’action sociale - la collectivité et la parentèle - représente globalement la clé de la compréhension des systèmes non prescriptifs.
“Voici enfin raccordés les uns aux autres sans solution de continuité les systèmes complexes aux systèmes unilinéaires glissant des uns aux autres par des formes mixtes intermédiaires. Parenté et régulation sociale m’apparaît comme l’un des ouvrages théoriques majeurs de l’anthropologie contemporaine, reposant en outre sur une ethnographie rigoureuse qui fournit leur justification aux hypothèses avancées par Claude Vogel.” Georges Condominas
Claude Vogel est instituteur, puis ethnologue et chercheur de terrain ( Madagascar, Maurice et la Réunion ). Anthopologue et sémioticien de formation, il est titulaire d’un doctorat de 3ème cycle, 1976, et d’un doctorat d’état, 1992.Assistant du département d’anthropologie à l’université Saint-Denis de la Réunion, il co-fonde l’Institut international de Multimédia à l’université Léonard de Vinci à Paris et y enseigne. Consultant international pour les systèmes experts, les sciences cognitives et l’intelligence artificielle, il est membre d’honneur de l’Association française pour l’intelligence artificielle.
Auteur(s) : GUICHARD Pierre, SORAVIA Bruna
Les “Royaumes de Taifas” du XIe siècle occupent la période qui s’étend de la crise du Califat de Cordoue à l’intégration de l’Andalus à l’empire Almoravide. Cette époque correspond à l’apogée de la culture arabo-andalouse bien d’avantage que le Califat, qui en a posé les bases mais n’en a pas vu le plein épanouissement.
Cependant, ces émirats sont aussi contemporains de l’inversion du rapport des forces dans la pénisule. Au début du XIe siècle encore, les armées califales menaçaient les États chrétiens du nord de leur puissance incontestée, alors que vers le milieu du même siècle commence un recul territorial de l’Andalous que la constitution des empires berbères ne fera que retarder. Cet affaiblissement s’explique à la fois par le dynamisme agressif des royaumes chrétiens et par les faiblesses politiques propres aux états Taifas.
Les auteurs de ce livre tentent pour la première fois une synthèse cohérente de cette période. Ils ont voulu dépasser la traditionnelle histoire par dynasties pour montrer que l’Andalus de cette époque ne peut-être isolé du reste du monde arabo-musulman.
Pierre Guichard ancien membre scientifique de la Casa de Velázquez de Madrid est professeur émérite de l’université Lyon-II. Ses recherches portent sur l’histoire de l’Islam occidental et les relations entre Monde Musulman et Monde Chrétien au Moyen-Âge.
Bruna Soravia est diplômée d’études islamiques de l’Istituto Universitario Orientale de Naples. Arabisante italienne, elle est docteur de l’université Paris-III et a enseigné aux États-Unis, en France et en Italie. Ses travaux ont porté principalement sur les secrétaires et la littérature secrétariale en Al-Andalus.
Auteur(s) : ASSAAD Fawzia
Aton est-il dieu, surroi, concept métaphysique ? Akhenaton, premier monothéiste ou premier déicide de l’Histoire ? Vaincu ou vainqueur d’une longue guerre contre le clergé d’Amon ? La pensée amarnienne se greffe-t-elle sur celle d’Hatshepsout ?
Par touches successives, suivant l’évolution de la pensée amarnienne, l’auteure interroge les faits historiques et les mythes fondateurs du pouvoir pharaonique pour aborder ces questions et d’autres encore. Hatshepsout, Akhenaton et Nefertiti, stratèges et philosophes avant la lettre présentent une épure favorable à cette recherche qui veut se dégager du langage religieux et situer la pensée égyptienne au fondement de la pensée occidentale. Un essai à la fois très personnel et très informé.
Fawzia Assaad est docteur es-lettres en Sorbonne. Essayiste et romancière, elle enseigna la philosophie à l'université Aïn Shams du Caire, puis à Taïpeï et à Dunghai. Indépendamment de ses activités littéraires, elle représente PEN International au Conseil des Droits de l'Homme pour la défense des écrivains en prison.
Auteur(s) : TERNON Yves
Situé à la jonction du plateau du Kurdistan et de la plaine de Mésopotamie, le sandjak de Mardin était, au début du XXe siècle, un foyer de chrétienté orientale de langue arménienne et syriaque.
En 1915, comme dans tout le vilayet de Diarbékir, les Arméniens furent assassinés et le processus criminel s’étendit aux autres communautés chrétiennes. Une documentation exceptionnelle - provenant en particulier du Vatican à l’occasion de la béatification de l’archevêque de Mardin, Monseigneur Maloyan - permet de connaître, avec un niveau de précision jusqu’alors jamais atteint, les circonstances de la destruction d’une communauté arménienne lors du génocide de 1915 et de faire le lien entre une histoire locale et des tragédies individuelles, d’après les récits de témoins et de survivants.
Ce livre franchit un nouveau palier dans la connaissance du génocide des Arméniens de l’Empire ottoman au cours de la Première Guerre mondiale. Il devrait mettre un terme à la controverse universitaire sur le caractère planifié des massacres et sur la validité des preuves fournies pour affirmer la réalité de ce génocide.
Yves Ternon est docteur en histoire (Paris-IV Sorbonne) et habilité à diriger des recherches en histoire (Montpellier III- Paul Valéry). Ses travaux portent sur les génocides du XXe siècle, et plus particulièrement sur le génocide des Arméniens. Sur ce sujet, ses ouvrages les plus récents sont : Les Arméniens. Histoire d’un génocide, 1996 ; Du négationnisme. Mémoire et tabou, 1999 ; Empire ottoman. Le déclin, la chute, l’effacement, 2005.
Auteur(s) : HOUSSI (El-) Majid
Cet ouvrage est une remontée dans l’espace-temps au fil de mots tels que roumi et ses synonymes les plus connus, à savoir kafir et gaouri, mots par lesquels les citoyens de la rive Nord de la Méditerranée se voient désignés par ceux de la rive Sud.
D’un côté, les polémiques sur le « choc des civilisations » qui mettent l’Islam comme religion et civilisation au cœur de l’altérité. De l'autre, la volonté de dialogue des sociétés, des religions et des civilisations qui visent la guérison des blessures du passé et la reconnaissance réciproque. Il va de soi que, dans ce contexte, les mots ont une importance primordiale. Il ne suffit pas de bannir les termes qui disqualifient l’Autre. Il est indispensable de pousser plus loin encore l’attitude de sa reconnaissance et de son acceptance. Il faut aller jusqu’à accueillir sa bonne foi dans l’emploi des termes par lesquels il qualifie lui-même l’altérité, pourvu que ces derniers soient, au sens littéral, dénués d’acception péjorative ou blessante.
Majid El Houssi est professeur de linguistique française à l’Université Ca’Foscari, Venise, docteur honoris causa de l’Univerité de Sfax, membre du comité scientifique du Bulletin de la Selefa.
Auteur(s) : TIRMIDHI (al-) al-Hakim
Parmi les productions de la mystique musulmane parvenues jusqu’à nous, le Livre des nuances d’al-Hakîm al-Tirmidhî (m. 318/930), tient une place tout à fait particulière. Ceci vient du fait qu’il n’est pas seulement orienté vers le domaine de la vie intérieure, mais s’ouvre au vaste champ des principes de l’éthique appliquée à la vie sociale et politique.
S’appuyant sur l’hypothèse de l’inexistence de la synonymie en langue arabe, qu’il est le premier auteur connu à avoir théorisée de manière précise, le Sage de Termez propose à ses lecteurs un véritable manuel de “savoir vivre” au sens le plus large du terme. Savoir comprendre les autres et se comprendre soi-même par l’intermédiaire de l’intentionnalité et des motivations qui régissent nos actes, souvent ambigus, puis viser pour tous le mieux en gardant les yeux fixés sur le modèle des saints des demeures les plus élevées, tel est l’objectif de cet ouvrage.
Son ambition est rendue accessible en raison du fait que deux actes, identiques en apparence, peuvent être distingués grâce à des noms différents selon que l’un est désintéressé, jaillissant directement du cœur, l’autre, accompli en vue de l’égoïsme qui caractérise l’âme charnelle. S’appuyant sur l’opposition classique du soufisme entre qalb et nafs, Tirmidhî propose au moyen de cette démarche, de transcender la coincidentia oppositorum qui constitue le fond apparemment immuable de l’éthique musulmane, pour s’orienter vers la mise en œuvre d’une réelle transfiguration des faiblesses de “l’humain trop humain”. Finalement, ne se trouvera digne, selon lui, d’exercer un quelconque pouvoir sur ses semblables que l’homme totalement libéré des pulsions de son “moi”. Une telle conception, que l’on ne peut isoler historiquement du substrat culturel bouddhiste encore très vivace dans la région de Termez à son époque, fait de ce mystique un vrai réformateur, dont la pensée, que l’on découvre depuis peu, pourrait apporter beaucoup à nos contemporains.
Ce livre concerne non seulement les domaines d’étude des linguistes arabisants et des islamologues, mais également celui des historiens des idées en général. Parmi eux, il éveillera plus particulièrement l’intérêt des sociologues et des psychologues, mais également des philosophes et des psychanalystes, en raison des réflexions qu’il suscite sur l’influence décisive des structures logiques de la pensée dans son rapport avec le langage, non seulement sur le comportement, mais sur l’essence même de l’être.
Geneviève Gobillot est professeur d’études Arabes et Islamiques à l’Université Jean Moulin de Lyon. Ayant surtout concentré ses recherches sur le champ des transferts noétiques et culturels dans l’espace et dans le temps, elle est l’auteur de nombreuses publications sur la mystique musulmane, mais également sur des questions générales d’islamologie et d’histoire des idées.
Auteur(s) : HAMMAD Manar
Les textes réunis dans ce recueil paraissent ensemble pour la première fois. Par leur réunion, ils visent à construire, au-delà des résultats établis lors de l'examen de chaque cas particulier, une vision unificatrice de l'espace, de l'architecture et du sens.
Au centre des questions posées se trouve l'espace humain. Dans le monde sensible l'architecte s'occupe d'un espace à trois dimmensions, cadre de l'action humaine pour laquelle il dessine un environnement à bâtir. Les murs, ossatures, couvertures et ouvertures n'ont d'intérêt que pour donner forme à l'espace immatériel qui les traverse et les accueille à la fois. C'est de cet espace invisible que l'homme a besoin pour développer son action, et c'est cet objet immatériel qu'il faut qualifier lorsqu'on fait acte d'architecture.
Les questions abordées dans ce recueil sont celles de notre rapport à l'espace, rapport conçu comme dominé par la dimension du sens. Non pas un sens individuel et idiosyncrasique, mais un sens culturellement déterminé, inscrit dans un cadre historique et géographique.
L'architecture antiquisante de Palladio, le pavillon de la cérémonie du thé au Japon, les jardins de l'ailleurs, l'espace du séminaire de recherche, la privatisation de l'espace au couvent de La Tourette (Le Corbusier), le sanctuaire polythéiste de Bel à Tadmor-Palmyre, le pélerinage ou Hajj à Makkat, le bonhomme d'Ampère... figurent parmi les espaces abordés en ces essais. Par leurs oppositions, ils contribuent à la mise en place d'un cadre unique d'interprétation du sens dans les espaces de l'intéraction et de la représentation.
Né à Beyrouth en 1944, Manar HAMMAD suivit des études de mathématiques, d'architecture et de sémiotique, s'engageant rapidement dans la voie de la recherche et de l'enseignement. Il est titulaire d'un diplôme d'architecte DPLG et d'un doctorat (Méthode d'analyse sémiotique des documents dessinés en architecture).
Auteur(s) : GUIGNARD Michel
Cet ouvrage est le fruit de recherches menées dans les années soixante dans une société bédouine, encore essentiellement nomade, peu touchée par la modernisation. La musique savante des griots et la poésie étaient au cœur de la culture et jouaient aussi un rôle politique essentiel en exaltant l’honneur des chefs par la louange. Saisir la fonction de la musique c’est comprendre certains ressorts fondamentaux de cette société. Voir vivre ce troubadour qu’est le griot au milieu des siens, c’est donner un éclairage, au travers d’un exemple privilégié, sur les relations sociales entre les différentes strates de la société. La musique elle-même surprend par son caractère savant et son degré d’élaboration théorique. L’auteur qui a suivi l’enseignement de plusieurs griots renommés, a réussi à déchiffrer ses principales structures. Il s’agit d’une musique profondément originale, jalon précieux pour comprendre les interactions culturelles dans cette région, au carrefour des mondes arabe, berbère et soudanais.
La première édition de cet ouvrage est aujourd’hui une référence incontournable sur le sujet et un élément important dans le développement de l’ethnomusicologie, discipline relativement récente. Le texte initial a donc été conservé intégralement. Quarante ans après, une nouvelle société citadine est née, ouverte aux influences extérieures et les musiciens doivent répondre aux attentes d’un public nouveau. Ils s’y sont adaptés en créant une musique nouvelle, qui reste cependant typiquement maure. C’est l’objet du dernier chapitre de ce livre. Les enregistrements musicaux du disque compact joint au livre, ont été réalisés dans les années soixante auprès de musiciens aujourd’hui disparus. Ils sont commentés en français, anglais et arabe et constituent une illustration précieuse des propos de l’auteur.
Michel Guignard, aujourd’hui retraité, a suivi un parcours atypique. Polytechnicien, il est aussi diplômé en psychosociologie, discipline qu’il a pratiquée pendant plusieurs années dans les structures de formation de l’Armée de Terre, ainsi qu’au Burkina Faso dans le projet de Formation des Jeunes Agriculteurs. Mais c’est à la Mauritanie qu’il a consacré l’essentiel de ses recherches. Après un séjour de deux ans et demi comme officier dans le nord du pays (1962-1965), quatre mois de nomadisation individuelle (1965) et deux missions du CNRS avec Germaine TILLION (1966 et 1967), ont abouti à la première édition de cet ouvrage. Un séjour d’un an à Nouakchott (1972-1973) et de nombreuses missions plus courtes, lui ont permis d’approfondir sa connaissance du pays où il se rend tous les ans depuis 1999.
Auteur(s) : PAPIN Jean
“Lorsque l’on tente d’aborder l’essentiel par la parole ou l’écrit, c’est-à-dire finalement par la pensée, le discours s’émaille le plus souvent de termes clefs, tous chargés d’un lourd atavisme culturel et religieux. Dans nos langues, ceux de la triade Dieu-âme-esprit détiennent sans aucun doute la suprématie de la pesanteur. Ils ont remporté la victoire de la longévité, la victoire de l’usure, celle du sublime et de la confusion, la victoire inévitable de tout concept triomphant qui peut se traduire et se condenser en un seul mot. … Sous prétexte de candeur ou de respect, devrions-nous aussi subir les séductions obscures et succomber au chant enjôleur des sirènes ? Ou tolérer la stratégie envoûtante de l’araignée ? ”
Chercheur solitaire, Jean Papin se consacre depuis de nombreuses années à la pratique, à l’écriture et à la traduction de textes sanskrits concernant le yoga, la philosophie et le tantrisme du Nord de l’Inde. Son vif intérêt pour la physique la plus récente lui a permis de déceler d’insoupçonnées et troublantes analogies avec la tradition spanda, dite de la “vibration”, originaire du Cachemire.
Auteur(s) : WINDUS John
La narration de John Windus sur l’ambassade de Charles Stewart, en 1721, au Maroc à la demande de Georges Ier, outre la description de la vie du petit peuple marocain des douars, est intéressante. Elle rapporte les difficultés à conclure un traité de paix et de commerce ; les négociations à obtenir la libération, par le rachat, des esclaves anglais détenus dans ce pays.
John Windus a décrit le palais impérial de Meknès presque terminé. John Windus dresse un tableau des ruines de Volubilis encore debout.
Elles seront abattues lors du séisme de 1755 qui ravaga Lisbonne. Si certains ouvrages relatent des “ séjours ” au Maroc antérieurement à John Windus ; ils seront publiés après lui. John Windus est le premier narrateur, en langue anglaise, en ce début du XVIIIème siècle.
Auteur(s) : PLONKA Arkadiusz
Il s'agit là de la première étude scientifique approfondie d'un mouvement et d'une production écrite en “langue libanaise” du “nationalisme linguistique au Liban autour de Sacîd 'Aql” et de “l'idée de langue libanaise”.
En effet, une part importante du présent ouvrage est consacrée à la “langue libanaise” du point de vue de l'idéologie du mouvement, mais aussi du point de vue de sa pratique. Cette étude est le fruit d'un long travail de dépouillement ; le corpus de la revue Lebnaan en alphabet latin compte plus de 1000 pages. Le matériau de la recherche comporte par ailleurs des entretiens d'un grand intérêt effectués au Liban avec Sacîd 'Aql ou avec les principaux protagonistes du mouvement ainsi que des reproductions de leurs textes publiés. Cette œuvre qui se signale par la finesse de la réflexion et la qualité de sa mise en forme constituera sans nul doute une référence indispensable pour les chercheurs de diverses disciplines. Ses multiples aspects appellent une approche diversifiée relevant de la linguistique, et plus particulièrement de la sociolinguistique et de la dialectologie de l'a-rabe, mais aussi d'autres disciplines, au premier rang desquelles l'étude des idéologies.
La question que le lecteur ne manquera pas de se poser est celle de l'impact réel sur la société libanaise d'un mouvement comme celui de Sacîd 'Aql et de ses chances de réussite. Quoi qu'il en soit, A. Plonka apporte ici les premiers éléments de réponse à cette question à laquelle d'autres après lui, espérons le, essaieront de répondre en comparant le cas libanais à d'autres. «On peut gager, enfin, que son étude ne satisfera entièrement ni ceux qui, aveugles aux réalités complexes de l'arabe vivant, considéreront qu'il s'occupe de problèmes sans grand intérêt, ni les militants de “langue libanaise” qui trouveront sa présentation et son analyse par trop critiques. Ne sera-ce pas là un autre indice de cette qualité ?»
Arkadiusz Plonka, arabisant et politologue, boursier du gouvernement français, est titulaire d’un doctorat en linguistique arabe de la Sorbonne et de l’Université Jagellone de Cracovie.Il est chercheur à l’institut de Philologie OrientaleUJ à Cracovie.
Auteur(s) : MOKRI Mohammad
Cet ouvrage expose l’espace iranien tel qu’il apparaît dans la mythologie ancienne et tel qu’il fut géré dans l’histoire. Il s’attarde en particulier sur les efforts diplomatiques et militaires fournis par les gouvernements des premiers rois Qâdjâr pour se défendre contre la politique coloniale menée dans les provinces du nord de l’Iran.
De par l’instabilité de ses frontières, en particulier, celles du nord, le territoire iranien, tel que le dernier tracé des lignes étatiques le délimite aujourd’hui, ne coïncide plus avec l’étendue ni de la Perse ni du rayonnement de la culture persane. Les éléments d’histoire commune entre les pays qui s’échelonnent à présent du Caucase jusqu’à l’Asie Centrale et aux Indes, ne cessent de rappeler les liens historiques qui existent entre ces populations. La mythologie iranienne, qui s’est nourrie, assurément, des faits chronologiques de l’Iran ancien, est un matériau précieux pour rendre compte des limites territoriales que la mémoire collective a traditionnellement dessinées pour l’Iran.
Or, le mythe et l’histoire n’ont cessé de se refléter l’un l’autre, de sorte que l’étendue de ce pays telle que le perçoit la tradition coïncide, grosso modo, avec les frontières de l’Iran achéménide, ainsi que l’attestent l’Avesta et les inscriptions rupestres. Avec l’arrivée de l’Islam, les frontières du nord de l’Iran ont tendu à délimiter, dans un même temps, les pointes extrêmes des pays musulmans. Ainsi, à l’ouest de la mer Caspienne, dans le Dâghestân, la forteresse de Darband qui avait été réaménagée par le roi sassanide Chosroès I (531-579), fut perçue comme la porte de l’Iran et de l’Islam jusqu’aux XVIIIe-XIXe siècles. À l’est de la mer Caspienne, ce furent la vallée du Farghana et son chef-lieu, Akhsakat, qui représentèrent les frontières les plus lointaines des provinces iraniennes et musulmanes. Les invasions mongoles, puis les appétits coloniaux de l’Empire britannique et de la Russie tzariste furent cause du morcellement de l’Iran en plusieurs petits États qui poursuivent leur chemin pour se constituer comme Nations, mais pour lesquels la culture persano-musulmane demeure un élément constant de leur identité et de leur patrimoine. Les tentatives de rapprochement entre Fath-Ali-Chah, le deuxième roi de la dynastie des Qâdjâr, et Napoléon ne purent empêcher l’avancée des Tzars russes dans les provinces de l’Asie Centrale et du Caucase.
Mohammad Mokri fut directeur de recherche honoraire au CNRS, homme de lettres, historien, linguiste, ethnologue, Mohammad Mokri fut l’un des collaborateurs du Docteur Mossadeq. Il exerça plusieurs fonctions, dont celles de Directeur de l’Éducation des tribus et des nomades de l’Iran et de Directeur Général au Ministère de l’Éducation Nationale. Il participa également à la nationalisation du pétrole iranien, mais il dut s’exiler en France, à la suite du coup d’état de 1953. Lors de la révolution de 1979, il fut nommé Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de l’Iran en ex-URSS (Moscou) et en Mongolie (Oulan-Bator). Il géra plusieurs dossiers relatifs aux relations irano-russes, dont celui d’un partage équitable des eaux de la mer Caspienne. Mais après s’être opposé au régime monarchique iranien, il dut manifester son désaccord avec la tournure prise par la révolution et le nouveau pouvoir en place. On le nomma Conseiller International au sein du Ministère du Pétrole, tout en cherchant à le mettre en difficulté... Il revint en France en 1988. Il est l’auteur de plus d’une centaine d’études et d’ouvrages scientifiques.
Auteur(s) : LURSON Benoit, ROUECHE Arnaud
Le Livre de la Vache du Ciel est le titre donné à un texte qui, avec d'autres comme le Livre de l'Amdouat ou le Livre des Portes, fait partie du décor des tombes royales. La version la plus ancienne qui nous soit connue se trouve sur l'une des chapelles dorées entourant le sarcophage de Toutânkhamon, tandis que la version la plus complète se trouve dans une petite pièce de la tombe de Séthi Ier. Les tombes de Ramsès II, Ramsès III et Ramsès VI disposent aussi de ce texte.
Le Livre de la Vache du Ciel est un texte cosmogonique. Il relate le deuxième temps de la création du monde, celui de la séparation du ciel et de la terre, des dieux et des hommes.
"Avant moi ne préexistait que le Noun. C'est là, au coeur de cette étendue liquide aux limites inatteignables et aux profondeurs insondables, que je suis venu à l'existence..."
Auteur(s) : BORD Lucien-Jean, MUGG J-P
Ce livre est né de la rencontre de deux passions également partagées par ses auteurs ; la cynégétique et la lexicographie, et d'une constatation : la connaissance de ces mots diminue au fil des ans.
Au fil de leurs recherches, les auteurs ont pu relever que la spécificité des termes cynégétiques n'atteint jamais à cette technicité parfois outrée qui donne naissance aux néologismes jargonnants.
Les termes répertoriés sont classés selon 8 disciplines : archerie, chasse, fauconnerie, gibier et animaux, louveterie, piégeage, chasse sous terre et vénerie.
Auteur(s) : KANAFANI-ZAHAR Aida
Avec ses dix-huit communautés - douze chrétiennes, cinq musulmanes et une juive -, le Liban est souvent considéré comme l’exemple type d’une société segmentée selon des critères d’appartenance religieuse.
Le grand mérite de l’ouvrage de Aïda Kanafani-Zahar est de nous faire découvrir, à partir d’une enquête localisée et approfondie, comment des Libanais vivent ensemble avec leurs différences religieuses. Certes, la mémoire des massacres est présente et les processus de réconciliation engagés entre des villageois druzes et chrétiens avancent pas à pas : sans effacer les crimes, il s’agit de vivre avec, de réapprendre à vivre ensemble avec ce passé-là. Le livre qu’on va lire se focalise sur le vécu d’un village bi-religieux du Mont Liban : Hsoun, un village habité par des chrétiens maronites et des musulmans chiites.
Il ne s’agit pas seulement d’une coexistence de deux communautés, mais d’un véritable échange vecteur de lien social : la différence, si elle peut être séparatrice et polémogène, peut aussi être intégratrice et pacificatrice. Loin d’être abolie, elle est reconnue et respectée nourrissant une civilité interconfessionnelle reposant sur une bonne connaissance de la religion de l’autre. Il y a des limites et on sait ne pas les franchir, c’est la base même du vivre-ensemble de ces maronites et ces chiites qui se sentent unis comme appartenant à une même terre, celle de leurs ancêtres et celle qu’ils ont appris à travailler, quelquefois ensemble au nom de l’entraide traditionnelle entre voisins.
La religion est ici une culture structurante et englobante pourvoyeuse d’une identité régulièrement vécue à travers des rites et coutumes qui entretiennent le sentiment d’un entre-soi symbolique. Une manière d’être, une façon de faire lien, de se rapporter au monde, de vivre le don et d’accepter la différence… (Jean-Paul Willaime)
Aïda Kanafani-Zahar est Chargée de recherche au CNRS, Groupe de Sociologie des Religions et de la Laïcité (CNRS-EPHE). Après un Ph.D. en anthropologie à l'Université du Texas à Austin, elle a enseigné à l'Université libanaise de 1979 à 1989 date à laquelle elle arrive à Paris où elle est Maître de conférence invitée au Musée de l'Homme. Après de nombreux travaux sur l'anthropologie de l’alimentation, elle se consacre depuis 1994 à l’étude de l’après-guerre dans la société libanaise (travail de mémoire, réconciliation, tentatives de sécularisation institutionnelle). Elle a récemment publié, La réconciliation des druzes et des chrétiens du Mont Liban ou le retour à un code coutumier, (Critique internationale, 23/2004). Aïda Kanafani-Zahar est également l'auteur/réalisatrice du documentaire, La fête du Sacré-Cœur ou la célébration du retour, Bîri, Liban, avec le concours de la cellule audiovisuelle du CETSAH/CNRS (Avril 2004).
Auteur(s) : SAAÏDIA Oissila
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la contestation de la domination européenne dans le monde arabo-musulman s’intensifie. Au même moment, les missions catholiques font le constat de leur impuissance à obtenir des conversions parmi les musulmans. Dans ce contexte, les discours des responsables religieux, clercs catholiques et oulémas sunnites, tentent de prendre en compte la nouvelle donne sans pour autant rompre avec le passé.
Ce travail présente des acteurs dont l’autorité n’est pas contestée au sein de leur confession : al-Azhar, le mouvement réformiste autour du Manær, pour l’islam sunnite, congrégations religieuses (dominicains, jésuites et pères blancs) et autorités romaines, pour le catholicisme. L’ouvrage s’intéresse plus particulièrement au regard porté sur l’islam par les milieux missionnaires à travers leurs publications et leurs archives privées, mais entend aussi analyser l’approche sunnite du christianisme à partir de la revue al-Manaar, du périodique de l’Université al-Azhar et d’un cours magistral dispensé par un professeur de cet établissement.
Ces regards croisés éclairent la tentative inédite de dialogue qu’invente en 1941 une association cairote qui regroupe l’élite musulmane et chrétienne, les Frères de la pureté. Ces années, décisives pour la recomposition des relations inter-religieuses, mettent déjà en évidence les problèmes posés par un dialogue fondé essentiellement sur la comparaison des doctrines.
Oissila SAAÏDIA, agrégée et docteur en histoire, est actuellement maître de conférences à Strasbourg et membre du lahra (umr 5190, cnrs). Arabisante et contemporéanéiste, elle s’intéresse notamment aux enjeux religieux dans les pays musulmans de la Méditerranée au XXème siècle.
Auteur(s) : LÉGERET-MANOCHHAYA Katia
Avec 1700 langues maternelles dont 18 officielles, l'Inde est une civilisation où le multilinguisme est omniprésent. Elle a généré, dans le théâtre dansé, un langage artistique et symbolique des gestes des mains d'une richesse unique au monde : les mudra et hasta. Répertoriée il y a environ 2000 ans dans le Natyasastra et transmise oralement de génération en génération, cette gestuelle passe outre la barrière des langues.
Ancienne élève de l'Ecole Normale Supérieure en philosophie, docteur en science de l'art, Katia Légeret est habilitée à diriger des recherches en esthétique (Paris 1 Sorbonne) et est responsable du département de danse au CICEP (MSH Paris Nord). Elle poursuit son enseignement universitaire à Paris 8 tout en menant une carrière internationale de Bharata-natyam sous le nom de Manochhaya.
Auteur(s) : BORD Lucien-Jean, MUGG J-P
Ce livre est né de la rencontre de deux passions également partagées par ses auteurs : la cynégétique et la lexicographie, et d'une constatation : la connaissance de ces mots diminue au fil des ans. Il serait cependant regrettable que le vocabulaire particulièrement riche propre aux diverses disciplines qui constituent l'art cynégétique - et qui reste l'un des domaines de la lexicographie française où la vieille langue cohabite aisément avec les vocables les plus récents - disparaisse. Pour tenter d'y remédier, ce volume explroe plus de quatre mille mots et expressions. Au fil de leurs recherches, les auteurs ont pu relever que la spécificité des termes cynégétiques n'atteint jamais à cette technicité parfois outrée qui donne naissance aux néologismes jargonnants. Cela ne viendrait-il pas du fait que ce vocabulaire a mis longtemps à s'établier, plus de dix siècles. N'en irait-il pas du vocabulaire cynégétique, comme de la pratique elle-même ? La trompe de chasse a remplacé le huchet, mais la pibole perpétue celui-ci ; l'arquebuse à giboyer et ses descendants - fusil et carabine - ont remplacé l'arc, mais la chasse à l'arc est toujours pratiquée et connaît même un regain d'intérêt. Les vieux mots ont toujours leur place et les vocables récents trouvent aisément la leur : bel exemple de la manière dont le patrimoine linguistique peut et doit perdurer.
Auteur de plusieur ouvrages de linguistique ancienne et de lexicographie, Lucien-Jean BORD, est issu d'une vieille famille berrichonne où l'art et la tradition de la chasse se transmettent de génération en génération. Il a lui-même longtemps pratiqué la vénerie et la chasse à tir.
Vosgien, c'est-à-dire né dans un terroir hautement cynégétique, le colonel (e.r.) Jean-Pierre MUGG est linguiste mais aussi archer et arquebusier. Il pratique aussi bien la chasse à l'arc que la chasse à tir et poursuit des recherches techniques de l'archerie primitive et ancienne.


Denfert-Rochereau ou Raspail




















